A Farnborough dans la banlieue sud-ouest de Londres, le salon aéronautique qui se tient du 22 au 26 juillet, fait la part belle à l’aviation de combat. Dans le programme de vols, avec des démonstrations du F35 américain, mais également dans les espaces de présentation des exposants. Sur son stand, le principal industriel aéronautique britannique BAE Systems présente la dernière maquette à l’échelle 1 de son futur avion de combat, co-développé avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries et l’Italien Leonardo.
«Il s’agit de la dernière version du concept sur lequel travaillent nos ingénieurs», se félicite Herman Claesen, responsable du programme pour BAE. Le modèle présente une envergure plus grande qu’auparavant.
Les trois partenaires ont été retenus par leur pays respectifs dans le cadre du programme GCAP (Global Air Combat Plateform) lancé en décembre 2022. Ce programme est en concurrence frontale avec celui développé par l’Allemagne, la France et l’Espagne sous le nom de SCAF (Système de combat aérien du futur) qui vise à remplacer les Eurofighter et les Rafale à horizon 2040.
Un délicat partage industriel qui reste à définir
La maquette exposée, sensiblement plus grande que les avions de combat actuels, marque une rupture avec les Eurofighter et les Rafale. La priorité semble être donnée à l’aérodynamisme et la furtivité avec des moteurs intégrés au fuselage et des surfaces présentant le moins de relief possible. Ces contraintes étant les mêmes pour tout le monde, la maquette du GCAP a un air de ressemblance avec celle présentée en 2023 du concurrent SCAF.

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Dans les espaces de présentation au pied de la maquette géante, les démonstrateurs mettent en avant les travaux sur la future motorisation d’un tel appareil ainsi que les capacités de cloud de combat de l’avion qui servira de plateforme de communication pour faire circuler les données de mission entre les satellites, les autres aéronefs (avions de ravitaillement, drones aériens…) ; navires, forces de combat au sol... «Nous avons un rythme de travail soutenu», a indiqué Herman Claesen, devant un parterre de journalistes. Le dirigeant confirme le calendrier initial avec un premier vol de l’appareil en 2035. Soit tout de même cinq ans avant son concurrent franco-germano-espagnol. La décennie 2025-2035 sera consacré à finaliser le design et le développement en commun.
Sur l’estrade, le directeur du programme pour la partie anglaise était accompagné par ses homologues italien et japonais, respectivement Guglielmo Maviglia et Hitoshi Shiraishi. Une manière d’afficher la bonne entente entre les partenaires. De quoi contraster avec les relations difficiles qui avaient pu prévaloir un temps entre Airbus et Dassault au moment de se partager les tâches industrielles du programme et qui se sont normalisées depuis. Mais le plus dur est peut-être devant eux : les trois industriels espèrent franchir à leur tour cette étape du partage du programme en 2025.
L'armement et le cloud de combat, des points communs
A quelques encablures du chalet de BAE Systems, le concurrent Airbus présente une autre facette de l’aviation de combat du futur: un drone d’accompagnement des avions de chasse, ou "wingman" dans le jargon des pilotes. L’avionneur européen expose une maquette à l’échelle 1 de son drone compagnon, en bonne place entre son hélicoptère de combat H160M, un A330-900 à la livrée de Virgin Atlantic et un A400M. Là encore, les dimensions impressionnent : 12 mètres d’envergure, 15 mètres de longueur, 2,5 de hauteur...
Airbus Potentiellement armé, ce drone de combat doit être capable de pénétrer des espaces aériens contestés sans mettre en danger la vie des pilotes. «Son design fait qu’il est peu visible des défenses anti-aériennes », souligne le démonstrateur. L’Allemagne et l’Espagne sont intéressées par un tel concept. Le drone, développé pour l’instant sur fonds propres, pourrait voler dans une première version vers 2030.
A Farnborough, la question de faire converger les deux programmes européens d’aviation de combat est posée pour réduire la facture des coûts de développements associés. A la veille du salon, Michael Schoellhorn, président de la division Défense et espace d’Airbus, a esquissé des pistes de rapprochement. «Je vois au moins deux ou trois points de connexion même si à la fin il pourrait toujours subsister deux avions de combat différents. D’une part, l’armement apporté largement dans les deux cas par le missilier européen MBDA et dans l’autre, le cloud de combat». En mutualisant entre les nations des couteux investissements, la future génération d’aviation de combat pourrait montrer la voie d’une Europe de la Défense plus pragmatique et plus efficace.



