Source de réduction de l’empreinte environnementale du conditionnement, le réemploi ne cesse de susciter des initiatives. A Beychac-et-Caillau, en Gironde, c’est Maison Johanès Boubée, la filiale vins du groupe Carrefour, qui s’engage en ce sens. En partenariat avec Veolia et Luz Environnement, une PME locale spécialisée justement dans le réemploi des bouteilles en verre, elle va tester la réutilisation de plus de 200 000 bordelaises par an.
Chutes de production, bouteilles débouchées...
L’opération est particulière cependant. Le volume correspond au nombre de chutes de production, bouteilles étiquetées ou débouchées pour des contrôles qualité qui, jusqu’à présent, étaient directement expédiées au recyclage. Les flacons concernés, qui n’ont donc pas été forcément conçus pour le réemploi, seront désormais collectés et confiés à Luz Environnement qui pourra les nettoyer, quelles que soient les étiquettes, adhésives ou non, colle froide ou chaude, vérifier leur intégrité et les réintégrer dans un nouveau cycle, en les proposant, par lots, aux vignerons de la région. En outre, les véhicules de Veolia servant à la collecte et au transport des contenants entre le site de Beychac-et-Caillau et le centre de lavage de Luz Environnement, près de Langon, fonctionnent au biocarburant issu de déchets organiques, ce qui permet de diminuer de 70% les émissions de CO2 de ce poste.
Une réponse à la volatilité des prix du verre
L’initiative est également présentée comme une réponse à la hausse du prix du verre. Même si les tarifs n’ont plus rien à voir avec les sommets atteints durant les années 2021-2023, le coût des contenants réemployables étant repassé au-dessus de celui des bouteilles à usage unique, il continue de perturber l’équilibre économique des petites et moyennes exploitations viticoles. « En rendant accessibles ces bouteilles aux viticulteurs girondins par petits lots, nous contribuons à les approvisionner plus facilement dans un marché devenu instable », confirme Annie Le Deunff, directrice générale de Luz Environnement. Le réemploi permet ainsi d’atténuer l’impact de la volatilité des prix tout en renforçant une maîtrise locale sur les matières sèches. « Ce projet pilote illustre notre volonté de soutenir la filière viticole locale tout en accélérant notre transition vers des pratiques plus résilientes et responsables. C'est une étape importante avant un éventuel déploiement sur d’autres sites de Maison Johanès Boubée », indique Mathieu Soulard, directeur des opérations de l’entreprise.



