Jeudi 27 mai, le premier planeur électrique a validé ses tests de vol sans l’aide d’un autre avion pour le propulser. Cet envol réussi est le résultat du projet Euroglider qui réunit l’Association Européenne pour le Développement du Vol à Voile (AEDEVV), Dassault Aviation et les écoles d’ingénieurs du Groupe ISAE. Depuis 2014, ces trois partenaires cherchent par tous les moyens à équiper un planeur de son propre système de propulsion. L'intérêt ? Faciliter considérablement l’apprentissage du pilotage de cet aéronef, extrêmement dépendant des caprices de l’atmosphère.
S’affranchir des conditions aérologiques
Un planeur s’appuie sur l’ascendance thermique pour prendre de la hauteur. « Les différences de température au sol créent des bulles d’air ascendantes, comme des grosses montgolfières qui feraient plusieurs centaines de mètres», explique à l’Usine Nouvelle Joël Denis, membre de l’AEDEVV et porteur du projet Euroglider.Or les plages horaires pour profiter de ces phénomènes aérologiques sont très courtes : seulement l’été et au printemps lorsque le sol est chauffé, ce qui exclut le matin. Résultat, les deux tiers des nouveaux inscrits abandonnent leur apprentissage avant d’avoir effectué leur premier vol de lâché en « solo ».
En motorisant les planeurs, les clubs pourraient enfin s’affranchir de ces conditions aérologiques. La ministre des armées Florence Parly, qui suit d’un œil attentif le projet Euroglider, a concédé le planeur Z98 afin qu’il soit utilisé comme prototype pendant les phases de tests. L’incorporation de moteurs électriques a constitué un véritable défi pour les ingénieurs de l’Euroglider car il était impossible de placer une hélice sur le nez de l’appareil. C’est finalement derrière les ailes qu’ont été logés les mâts moteur-hélice ainsi que deux batteries de 50 kW.

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Ouverture de la phase d’industrialisation
Le succès du vol du Z98 jeudi 27 mai à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) augure une simplification considérable des entrainements en multipliant par deux à trois le nombre de vols des écoles de planeurs sur une année. Environ un quart des élèves en France sont des militaires. L’Euroglider peut enchainer plusieurs vols de formation de plus de 40 minutes de manière autonome et sans attendre des conditions favorables. Par ailleurs, n’ayant plus besoin d’un avion pour le propulser, il réduit de 60 % à 70 % les coûts de décollage et de moitié la masse au décollage.
«A présent que la phase expérimentale est terminée, nous allons pouvoir commencer celle de l’industrialisation, se félicite Joël Denis. Nous avons déjà entamé des discussions avec des entreprises pour former un consortium chargé de la production. » L’Euroglider a de grandes perspectives d’exportation, notamment en Allemagne. Le pays qui compte 900 clubs (contre 150 en France) a particulièrement développé cette activité depuis le Traité de Versailles qui interdisait la construction d’avions pour son armée.
Il est possible que l’Euroglider fasse l’objet d’améliorations ultérieures, notamment pour alléger les 80 kilos supplémentaires dus à la motorisation. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme Clean Sky 2 lancé par la Commission Européenne visant à la mise en œuvre industrielle de nouvelles technologies de préservation environnementale. La phase d’expérimentation a été soutenue par le GIFAS, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales.



