Reims Aerospace à la recherche d’un nouveau souffle après son placement en redressement judiciaire

Se disant lâchée par ses donneurs d’ordres Airbus et Dassault, l'entreprise Reims Aerospace a été placée en redressement judiciaire. Depuis plusieurs années, cet équipementier aéronautique fait face à des pressions économiques croissantes.

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Pieces sur l'usine Novae Aerospace  de Reims-Prunay
Reims Aerospace prépare un plan de redressement et envisage une reprise par une autre entreprise.

Les sous-traitants aéronautiques français traversent une zone de turbulences. La PME Reims Aerospace n’échappe pas à cette réalité. Le fabricant de composants pour l’industrie aéronautique et aérospatiale a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Reims (Marne). La direction prépare un plan de redressement et envisage une reprise par une autre entreprise.

Depuis son rachat par ACI Groupe en 2021, Reims Aerospace traverse une crise due à la perte de ses principaux clients Airbus et Dassault. «Le groupe ACI n’est plus en mesure d'alimenter le site avec suffisamment de contrats pour maintenir son activité», constate Patrice Rives, directeur général d’ACI Groupe. Désormais, l'entreprise se trouve prise dans un effet ciseaux : d’un côté, les coûts explosent, de l’autre, les commandes s’effondrent.

Pertes de clients majeurs

Depuis l’après-Covid, l’activité du site de Prunay a chuté. «Nous faisons face à une baisse de compétitivité sur les coûts et les compétences. En 2022, Airbus a refusé de renouveler notre contrat, estimant que nos prix étaient 25% plus élevés que ceux de concurrents en Chine, en Tunisie et en Roumanie. La perte d'Airbus et la diminution des commandes de Dassault ont mis en évidence notre dépendance à ces clients», reconnaît Patrice Rives. Dassault Aviation a accéléré le transfert de compétences, tandis qu'Airbus a diversifié ses fournisseurs à l'étranger, mettant fin aux relations avec Reims Aerospace en 2023.

Pour faire face à cette situation, l'entreprise avait sollicité une activité partielle de longue durée. «Cela nous a donné un peu plus de 12 mois pour chercher des solutions de diversification», résume le patron d’ACI Groupe. En vain. Cette initiative visait à préserver les emplois de ses 72 salariés, «priorité» selon Pierre-Antoine Constantinidès, directeur du site. Reims Aerospace a réalisé 4,7 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023.

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Crises et restructurations

La direction a déjà établi des contacts avec plusieurs acteurs, dont une société spatiale intéressée par l'assemblage, le personnel et les installations.

Depuis sa création en 1933, l’usine a traversé plusieurs épreuves. Après son rachat par Novae Aerospace en 2011, l'entreprise a connu une crise sévère, perdant la moitié de son chiffre d'affaires et de ses employés. Elle a retrouvé son niveau d’activité, produisant des bords d'attaque pour les avions Falcon, ainsi que des pièces de cockpits pour les Rafale. Des licenciements et un incendie en 2017 ont conduit à une restructuration.

En 2021, après un redressement judiciaire, l'entreprise a été reprise par le Groupe ACI, basé à Lyon. Ce dernier emploie 800 collaborateurs et génère un chiffre d’affaires de 115 millions d’euros sur 22 sites industriels. Prochaine étape avec une audience au tribunal de commerce de Reims dans les prochains jours.

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