J -12 avant la fin des 90 jours de pauses décrétés sur certains droits de douanes américains. Les dirigeants de l'Union européenne (UE) ont discuté jeudi 26 juin lors d'un sommet à Bruxelles de nouvelles propositions transmises par les Etats-Unis en vue d'un accord commercial, alors que le temps presse pour que le bloc communautaire parvienne à un consensus avant l'expiration du délai fixé par Donald Trump. Ce sursis doit prendre fin le 9 juillet, mais Washington a évoqué jeudi une possibilité de report de cette date butoir.
Désireux d'opérer une refonte de la politique commerciale de Washington, le président américain a dévoilé en avril des taxes dites «réciproque» visant des dizaines de partenaires commerciaux des Etats-Unis, avant de geler ces droits de douane pour permettre la tenue de négociations bilatérales.
"Accord de principe" qui ne détaille pas les secteurs industriels
Un représentant européen a déclaré jeudi soir à Reuters que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté lors du sommet les «contours» de nouvelles propositions transmises par l'administration Trump. Il n'a pas donné plus de précisions. Séparément, un diplomate européen a rapporté qu'il s'agissait d'un «accord de principe de deux pages» qui ne détaillait pas les mesures prévues secteur par secteur. «Nous ne disposons plus que de deux semaines», a déclaré ce diplomate. «Il serait mieux d'accepter quelque chose de ce genre, comme l'ont fait le Brésil et la Grande-Bretagne», a-t-il ajouté. «La France adopte une position plus dure, l'Italie se trouve dans l'autre camp».
L'Allemagne semble aussi avoir des positions divergentes de la France. Plus tôt cette semaine, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que l'UE devait pousser en faveur d'un accord «plus rapide et plus simple», tandis que Paris prône une position plus ferme, appelant la Commission européenne à cibler l'industrie américaine des services.
Donald Trump a menacé de relever à 50% le mois prochain les droits de douane prélevés sur les produits européens importés aux Etats-Unis si aucun accord n'était trouvé. Washington semble vouloir maintenir ses droits de douane de 10% sur la plupart des produits en provenance de l'UE, laquelle est déjà confrontée à des droits de douane américains de 50% sur l'acier et l'aluminium ainsi que de 25% sur l'automobile. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n'a pas exclu un échec des négociations sur les droits de douane, déclarant que "toutes les options (restaient) sur la table".
Un seul accord commercial avec le Royaume-Uni
A ce jour, le seul accord commercial officiellement conclu par les États-Unis l'a été avec la Grande-Bretagne, avec des droits de douane de 10% toujours en vigueur sur les importations britanniques. Des représentants américains ont affirmé qu'aucun partenaire commercial ne verrait ces taxes baisser.
La perspective d'une guerre économique inquiète nombre de pays européens, dans la foulée d'un sommet de l'Otan cette semaine à La Haye lors duquel les pays de l'alliance sont convenus, comme réclamé par Donald Trump, de relever leurs dépenses annuelles de défense. L'Espagne a toutefois explicitement demandé à être exemptée.
Par ailleurs, les dirigeants de l'UE devaient également aborder la question du soutien à l'Ukraine dans sa guerre face à la Russie. Deux représentants européens ont déclaré jeudi soir que les Vingt-Sept sont convenus de renouveler pour six mois les sanctions visant Moscou.
Avec Reuters(Reportage de Philip Blenkinsop et Jan Strupczewski, avec Milan Strahm, Andreas Rinke, Michel Rose, Bart Meijer; version française Benjamin Mallet et Jean Terzian)


