Le gouvernement revoit à la baisse ses objectifs pour la croissance française. Il table désormais sur une contraction de 11 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020, contre un recul de 8 % attendu précédemment. "Le choix économique est extrêmement brutal", a commenté mardi 2 juin le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, au micro de RTL.
Le gouvernement prédit un rebond en 2021
"La croissance en France en 2020, la récession plutôt - le terme est plus adapté - sera de -11 %", a révélé le ministre. Ce chiffre doit figurer dans le troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020 qui doit être présenté dans les prochains jours. Début janvier, avant la crise du Covid-19, le gouvernement s'attendait à une croissance de 1,3 % en 2020.
Au premier trimestre 2020, la récession a atteint 5,3 %. "Le plus dur, du point de vue social et économique, est devant nous. [...] L'économie était quasiment à l'arrêt pendant trois mois. Cela va se payer dans la croissance", a prévenu Bruno Le Maire. Le ministre se dit toutefois "convaincu" qu'un rebond aura lieu en 2021 "grâce à nos plans de soutien massifs et notre plan de relance".
Des dépenses élevées liées aux mesures d'urgence
Au même moment, mardi 2 juin, le ministère de l'Action et des Comptes publics a révélé la situation mensuelle budgétaire. Au 30 avril 2020, le gouvernement enregistre un solde général d'exécution de -92,1 milliards d'euros contre -67,2 milliards d'euros en avril 2019. "Cet écart s’explique notamment par les effets de la crise tant sur les recettes (moindres rentrées fiscales) que par les dépenses (mesures d’urgence)", justifie le gouvernement. Les dépenses du budget général (hors remboursements et dégrèvements) s'élèvent ainsi à 130,9 milliards d'euros contre 116,7 milliards d'euros en avril 2019.
Le ministère estime que le dispositif exceptionnel d'activité partielle a représenté une dépense supplémentaire de 5,5 milliards d'euros tandis que le fonds de solidarité pour les entreprises a coûté 1,5 milliards d'euros à l'Etat. "Par ailleurs, les dépenses de la mission 'Défense' augmentent de près de 2,3 milliards d'euros du fait de la hausse du budget des armées, en particulier s’agissant des dépenses d’investissement militaire", commente le cabinet de Géral Darmanin.
Une réunion sur l'avenir de l'usine Renault de Maubeuge
Lors de son entretien, Bruno Le Maire a annoncé que le début des soldes d'été serait décalé du 24 juin au 15 juillet pour une durée de quatre semaines, à la demande des petits commerçants qui veulent reconstituer leur trésorerie.
Le ministre de l'Economie s'est enfin exprimé sur Renault alors qu'il doit rencontrer le 2 juin les représentants syndicaux de l'usine automobile de Maubeuge (Nord) et le président du groupe Jeand-Dominique Senard pour discuter de l'avenir du site. Ces discussions vont notamment conditionner un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros à Renault. Si le dialogue sur la création d'un pôle d'excellence dans le Nord "est engagé de manière constructive et transparente, je signerai le prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros. Si ce n'est pas le cas et que je vois qu'on est dans une situation de blocage, il faudra poursuivre la discussion", a averti le ministre.
Avec Reuters (Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)


