La crise que traverse la filière aéronautique pourrait-elle être l’occasion de la rendre plus robuste ? Le fonds de modernisation dédié au secteur prend de l’ampleur. Une liste de 244 projets lauréats retenus pour en bénéficier a été dévoilée lundi 15 février. C’est 108 projets de plus qu’en décembre 2020.
Cet outil mis sur pied dans le cadre du plan de soutien annoncé en juin dernier semble plébiscité par des industriels, confrontés à la plus grave crise que le secteur ait jamais connue. Plus de 650 dossiers ont été déposés. En mettant le transport aérien à terre, la pandémie mondiale a provoqué une baisse d’activité évaluée par la plupart des acteurs entre -30 et -50%. Voire davantage dans certains cas.
Près d'un demi milliard d'euros d'investissements
D’où le lancement d’un fonds qui, à l’instar de celui mis en œuvre dans l’automobile, vise à accélérer la modernisation des usines et à favoriser la diversification des fournisseurs. Deux leviers qui doivent améliorer la compétitivité des entreprises. Les 244 projets, soutenus pour plus de 197 millions d’euros par l’Etat, représentent près de 431 millions d’euros d’investissements industriels.

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Qui bénéficie de ce fonds de modernisation ? Les plus petites structures sont les plus demandeuses. Au total, les PME comptabilisent 162 projets, contre 57 projets pour les ETI et 25 projets pour les grandes entreprises. La liste devrait encore être étendue, le montant initial du fonds ayant été défini à 300 millions d’euros. L’Etat a, en outre, décidé de prolonger la durée de dépôt de projets jusqu’au 1er juin 2021.
Tout le monde est servi
Dans la liste des 108 nouveaux projets retenus, à côté d’un Constellium qui compte installer une ligne automatisée de découpe d’échantillons de tôles fortes et d’un Aubert et Duval désirant moderniser ses processus de contrôle ultrason, on trouve des noms aussi variés que Figeac Aero, Liebherr, Guimbal, Souriau, Avions Mauboussin, Satys, Mecaprotec et AAA, pour ne citer que les plus connus.
Sans surprise, les régions Occitanie, Ile-de-France et Pays de la Loire sont les mieux représentées, reflétant la densité d’acteurs aéronautiques sur leurs territoires. Mais la Normandie, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la Nouvelle-Aquitaine, les Hauts-de-France, le Grand Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Centre-Val-de-Loire, la Corse, la Bretagne et la Bourgogne-Franche-Comté sont également de la partie.
Digital à gogo
Si quelques projets concernent la décarbonation du secteur - en 2020, l'Etat a déjà financé 62 projets de recherche sur l'avion décarboné pour un total de 376 millions d'euros - et la relocalisation, l’essentiel des projets visent à moderniser l’outil industriel, via une automatisation et une digitalisation accrues des procédés de fabrication. Les grands groupes et certaines ETI ont déjà pu mettre en pratique cette modernisation des usines ces dernières années, à l’image d’Airbus et de Safran, mais aussi de Figeac Aéro, de Daher, de Latécoère ou bien encore de JPB Système, qui vient d'annoncer la construction d'une nouvelle usine en Seine-et-Marne.
Ce fonds pourrait permettre d’accélérer la numérisation des usines à des niveaux plus profonds de la chaîne d’approvisionnement. De quoi, espèrent les pouvoirs publics, améliorer la robustesse des plus petits acteurs face à un secteur en crise et, qui plus est, de plus en plus concurrentiel. De sorte que, au sortir de la crise, ils puissent reprendre le chemin de la croissance et rester dans la course.



