L’industrie européenne des technologies quantiques se structure. En février, les représentants de quatorze industriels européens ont créé une association, l’European quantum industry consortium (Quic, en anglais), visant à défendre les intérêts industriels sur les technologies quantiques. Désormais constitué d’une centaine de membres, ce consortium a tenu sa première assemblée générale le 14 avril.
Fondée à l’initiative du Quantum Community Network, un pilier du programme européen Quantum Flagship lancé en 2017, l’association vise à "structurer davantage la communauté industrielle", explique Laure Le Bars, sa présidente par intérim, en réunissant "l’ensemble des acteurs industriels – des grands groupes, des PME et des start-up – ainsi que des investisseurs européens".
"Porter une voix commune"
Composé de quatorze membres fondateurs – dont les industriels français Atos et Thales et le fonds d’investissement Quantonation – le consortium se structure autour de neuf groupes de travail. Ils s’intéressent aux tendances du marché, aux questions de propriété intellectuelle et de formation, mais aussi à la définition de standards, la mise en place d’une feuille de route stratégique industrielle ou encore à l’état de l’art industriel. Ces travaux, menés par des représentants d’entreprises, seront complétés par l’organisation de conférences. Une tâche dont le futur directeur exécutif du consortium, qui sera nommé d’ici deux mois, aura la charge.
Le consortium vise à "porter une voix commune" auprès de la Commission européenne et des gouvernements nationaux, estime Laure Le Bars. "Des pays comme la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas ont des programmes nationaux ambitieux, observe cette directrice de recherche de l’éditeur logiciel allemand SAP. Nous allons dialoguer avec eux sur des axes de développement et participer à la coordination entre les programmes nationaux et européens."
En facilitant les mises en relation, Quic permettra à ses membres – dont les deux tiers sont des PME et des start-up – de se coordonner pour répondre à des projets portés par Horizon Europe et Digital Europe, "deux programmes européens qui comportent des volets sur les technologies quantiques", rappelle Laure Le Bars. Et de préciser : "Peut-être que l’association pourra participer à une action de coordination sur certains projets, mais ce serait le maximum."
Selon la présidente par intérim, "l’idée de Quic est de bâtir un écosystème industriel européen au sens large [qui inclut notamment le Royaume-Uni, Israël et la Norvège] dans un esprit de non-compétition et de partage". Les membres de Quic n’ont cependant "pas vocation à s’isoler entre industriels", prévient-elle. "Les centres de recherche et les universités ne sont pas membres votants de l’association, mais sont bien sûr intégrés à l’ensemble de nos discussions."
Le consortium permettra aussi de communiquer au-delà de l’Europe, avec des partenaires internationaux ayant déjà mis sur pied leurs consortiums industriels, comme le Canada (Quantum industry Canada) et les Etats-Unis (Zuantum consortium).



