"Aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne sera livrée au risque de faillite", avait déclaré le président Emmanuel Macron lors de son allocution le 16 mars. Depuis, le gouvernement a proposé diverses pour aider les sociétés à faire face à la crise du Covid-19 : fonds de solidarité, report de paiement des charges sociales, dispositif de chômage partiel, prêts bancaires garantis... Lundi 30 mars, deux grands groupes français ont déjà annoncé qu'ils ne solliciteraient pas ces aides : l'entreprise pétrolière Total et le groupe de luxe Hermès.
Hermès dit "disposer d'une trésorerie suffisante"
Hermès affirme le 30 mars "disposer d'une trésorerie suffisante" pour affronter la crise. L'entreprise déclare qu'elle va maintenir le salaire de base de ses 15 500 employés en France et dans le monde "sans avoir recours aux aides publiques exceptionnelles", notamment le dispositif du chômage partiel en France. Le groupe promet également un don de 20 millions d'euros à l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP).
De son côté, Total indique qu'il "ne sollicitera pas le soutien de l’État pour faire face aux difficultés économiques créées par le Covid-19 que ce soit sous forme de soutien de trésorerie (prêts bancaires garantis, report de paiement des charges sociales ou fiscales) ou de recours au dispositif exceptionnel de chômage partiel" dans une "esprit de solidarité".
Hermès et Total ne renoncent pas encore aux dividendes
Si Hermès et Total ne le mentionnent pas, leur décision pourrait être liée à la question des dividendes. Vendredi 27 mars, le gouvernement avait prévenu que les entreprises distribuant des dividendes ne pourraient pas bénéficier en même temps des aides publiques. À l'inverse d'industriels comme Airbus ou Safran, Hermès et Total ne renoncent pas pour l'instant à effectuer des versements aux actionnaires.
Hermès précise le 30 mars qu'il allait ramener sa proposition de dividende de 5 euros par action à 4,55 euros, soit le niveau versé en 2019. Les gérants de l'entreprise vont aussi renoncer à toute augmentation et percevront en 2020 une rémunération totale identique à celle de 2019 en raison de la pandémie de coronavirus.
Simon Chodorge, avec Reuters (Sarah White et Bertrand Boucey)


