Y a-t-il un pilote dans l'avion ? La réponse est oui, mais sur ce vol d'essai réalisé par Airbus en avril 2020, il est désormais seul et son rôle se cantonne de plus en plus à celui de superviseur. A l'instar des décollages autonomes réussis en décembre 2019, l'industriel a annoncé le 18 juin avoir réalisé avec succès en avril, à l'aéroport de Toulouse-Blagnac (Haute-Garonne), l'atterrissage d'un A350-1000, sans aucune intervention humaine. Un calendrier industriel respecté malgré la crise du Covid-19, puisque qu'Airbus annonçait, en janvier dernier, la tenue de ces essais à la fin du premier semestre 2020.
Des tests qui représentent une avancée capitale dans son projet de proposer une flotte autonome utilisant la procédure de vol SPO ("Single Pilot Operations", opération monopilote en français), d'ici 2030.
Le projet Wayfinder
Lancé en toute discrétion par l'avionneur en 2018, le projet Wayfinder ambitionne de révolutionner le pilotage des avions d'ici 2023, avec des vols ne nécessitant qu'un seul pilote dans le cockpit. Il repose sur un démonstrateur technologique embarqué surnommé Attol, "autonomous taxi, take-off and landing" (roulage, décollage et atterrissage autonomes), qui s'appuie un système de reconnaissance d’image installé directement dans l’avion régi par des algorithmes d’intelligence artificielle. Le logiciel "reconnait" la piste et guide l'avion pour le positionner dans le bon axe, comme le montre la vidéo ci-dessous, avant qu'il ne se pose, sans que le pilote n'ait à intervenir. Une prouesse rendue possible grâce à une "équipe mondiale interdisciplinaire travaillant en Europe, aux États-Unis et en Chine", indique Airbus, et alimentée par les travaux réalisés sur ses taxis volants Vahana et CItyAirbus.

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Grâce à cette technologie - dont une source interne assurait en janvier qu'elle pouvait être intégrée à l'ensemble des appareils, le groupe espère être en mesure d'entamer les discussions avec les compagnies aériennes dès 2023, pour une mise en service des premiers avions espérée en 2030.
Plus de sécurité et moins de pilotes
Si l'objectif officiel affiché par Airbus est de parer à la pénurie annoncée de pilotes en raison de la forte croissance du trafic aérien, qui double environ tous les 15 ans, le marché de l'avion autonome s'annonce également très profitable. Le cabinet IAC Partners estimait en mai 2019 que l'économie générée par le passage de deux pilotes à un pilote s'élèverait à 10 milliards d'euros par an en 2030. Selon la même étude, quelque 1 100 avions pourraient voler avec un seul pilote d'ici la fin de la décennie, pour un marché estimé à 87 milliards d'euros.
Une raison sécuritaire est également évoquée. Dans un processus entièrement automatisé, plus d'erreur humaine – la plupart du temps en cause dans les accidents – à l'horizon. Mais ces avancées interviennent dans un contexte particulier, après les catastrophes aériennes des 737 MAX, qui tirent en partie leur source d'un système d'automatisation défaillant.
Selon toute vraisemblance, avant d'embarquer des passagers, les avions SPO commenceront par acheminer des marchandises. Côté équipementiers, Safran s'est déjà positionné sur le transport de fret avec pilote unique, selon les informations de l'Usine Nouvelle.



