Ne l'appelez plus Facebook, mais Meta. Comme prévu, le groupe cofondé et dirigé par le milliardaire Mark Zuckerberg a acté son changement de nom jeudi 28 octobre, lors d'une conférence en ligne. Les différentes applications et technologies du groupe, telles que les réseaux sociaux Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp ou les casques de réalité virtuelle Oculus, vont désormais être réunies sous cette nouvelle marque.
« A l'heure actuelle, notre marque est tellement liée à un seul produit qu'il lui est impossible de représenter tout ce que nous faisons aujourd'hui, et encore moins ce que nous ferons à l'avenir », a expliqué le PDG. La nouvelle priorité du géant du numérique est en effet le metaverse, un univers en ligne où les utilisateurs interagissent dans des espaces virtuels partagés. Afin de développer ce projet, le groupe prévoit d'investir 10 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros) en 2021 et compte embaucher 10 000 personnes en Europe d'ici à 2026.
Un certain scepticisme
Un nouveau logo a également été dévoilé depuis le siège de l'entreprise, à Menlo Park en Californie, le pouce levé laissant place à un symbole bleu représentant l'infini. Facebook avait déjà apporté en 2019 un changement à son logo, pour marquer une distinction entre le réseau social en lui-même et le groupe dans son ensemble. Dans un message publié sur son blog, l'entreprise a indiqué que son changement de nom serait quant à lui effectif en Bourse à compter du 1er décembre, avec le titre MVRS.
Cette annonce intervient dans un contexte de critiques croissantes d'élus américains et de régulateurs sur la puissance de marché du géant du numérique et le laxisme présumé de celui-ci dans la lutte contre les abus sur ses plateformes. Pour de nombreux utilisateurs, la présentation de ce projet vise ainsi principalement à détourner l'attention. « Meta, ça veut dire "nous sommes un cancer à la démocratie qui se métastase en machine de surveillance et de propagande pour encourager les régimes autoritaires et détruire la société civile... Tout ça dans le but de faire des bénéfices !" », a par exemple assené l'élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez sur Twitter.
Avec Reuters (Elizabeth Culliford à New York et Sheila Dang à Dallas; version française Bertrand Boucey et Jean Terzian)


