Si le transport aérien est de plus en plus sûr, le réchauffement climatique pourrait bien provoquer une hausse des cas de blessures graves à bord des avions. C’est ce qu’explique le Seattle Times dans un article publié le 15 août dernier. L’enquête, menée initialement par l’agence Bloomberg, s’appuie sur des experts du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB), l’équivalent américain du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses).
Passagers debout, jeunes enfants non attachés, et surtout, personnel naviguant : les cas de chocs à bord quand l’avion s’agite ne sont pas rares, générant leurs lots de vertèbres cassés et d’os fracturés. Des incidents qui tirent parfois leur origine de bulletins météo imprécis et de technologies de détection obsolètes. Plus de 65% des blessures graves – soit 28 cas sur 43 – enregistrées par les enquêteurs entre 2017 et 2020 dans le ciel américain sont dus à un ciel cahoteux. Et le dérèglement climatique pourrait encore aggraver la tendance…
Des travaux dans le vent
"Le rapport du NTSB intervient alors que les preuves sont de plus en plus nombreuses pour dire que le réchauffement climatique augmente les risques pour les avions de faire face à des turbulences en vol, détaille l’article. Une étude de 2019 dans la revue Nature a révélé que le cisaillement du vent - des changements soudains de vitesse ou de direction du vent - avait augmenté de 15 % au-dessus de l'Atlantique Nord depuis 1979." Nombre d’incidents ont également lieu à faible altitude, durant la phase d’approche vers les aéroports.

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Un constat qui n’est pas sans rappeler les premières conclusions des travaux du projet ICCA (pour Impact du changement climatique sur l'aviation), rassemblant les grands acteurs français de l’aéronautique et de la météorologie. "Les modélisations numériques montrent que le réchauffement climatique pourrait faire remonter les zones actuelles de turbulences, situées sous la barre de 10 kilomètres, ce qui correspond à l’altitude de vol des avions, par l’augmentation du phénomène de cisaillement du vent", expliquait en juillet Nicolas Gourdain, enseignant-chercheur à l’Isae-Supaero, à L’Usine Nouvelle.
Trouver la parade
Comment endiguer ce phénomène ? Par la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi par le déploiement de technologies, soutient le quotidien américain qui cite les préconisations du NTSB et celles de l'autorité américaine de l'aviation civile (FAA). Elles visent d’abord à améliorer la détection de ces si redoutées turbulences : la modernisation des outils du contrôle aérien, au sol et à bord, pourrait permettre aux pilotes d’éviter les zones dangereuses. Un vaste chantier alors que nombre d'équipements vont vétustes dans certaines régions du monde.
Et alors que des systèmes d’alerte automatique pourraient être mis en œuvre, le partage d’informations entre avions de différentes compagnies pourrait être généralisé. "Une communication accrue sur les conditions météorologiques existantes serait utile, selon une responsable syndical des agents de bord. Les compagnies aériennes devraient améliorer la façon dont elles partagent les informations entre elles et entre les pilotes et les agents de bord." Un facteur qui, à l'instar de l'optimisation des trajectoires des avions, plaide pour une modernisation des systèmes embarqués.



