Vidéo

Avec sa méga fusée Starship, SpaceX laisse la concurrence sur le pas de tir

[Dans l'actu en 2024, à suivre en 2025] SpaceX met au point à vitesse grand V sa fusée XXL capable de mettre sur orbite jusqu’à 150 tonnes de charge utile. Une étape-clé pour assouvir le rêve de conquête martienne d’Elon Musk.

Réservé aux abonnés
Starship SpaceX
En novembre dernier, en récupérant le premier étage du Starship directement sur sa tour de lancement, SpaceX a réalisé un exploit jamais vu dans le domaine spatial.

En novembre 2024, spécialistes ou non du secteur spatial se sont extasiés devant le cinquième essai du Starship. A cette occasion, SpaceX a réussi à récupérer l’étage principal de son lanceur de manière spectaculaire, directement sur sa tour de lancement, grâce à une précision de guidage et de pilotage à la dizaine de centimètre près. Pour réaliser un tel exploit, la société d’Elon Musk a mis en oeuvre et perfectionné différentes technologies : moteurs rallumables, logiciel de guidage, bouclier thermique...

Toutefois, même pour Elon Musk, une exploit de ce type ne se répète pas facilement. Pour le sixième essai qui a suivi, l’opération s’est soldée par le crash du premier étage dans le Golfe du Mexique... Sous les yeux de Donald Trump, alors fraichement vainqueur des élections présidentielles américaines.

Pas de quoi miner les ambitions du dirigeant de SpaceX, qui veut aller toujours plus loin. Elon Musk souhaite également récupérer l’étage supérieur de sa méga-fusée. En y parvenant, il ferait encore plus avancer la réutilisation en récupérant la totalité du lanceur. «Le Starship promet une réutilisation encore plus rapide que celle des Falcon 9, expliquait Paul Wohrer, chercheur à l'Ifri, à L’Usine Nouvelle en octobre dernier.On refait le plein et on repart. L’idée c’est véritablement de se rapprocher du fonctionnement d’un avion et de son aéroport, avec une maintenance réduite.»

Un modèle de développement pour les minilanceurs

S’il atteignait ses objectifs, Elon Musk écraserait à coup sûr la concurrence. Starship est actuellement la fusée la plus massive en service, avec une hauteur de 120 mètres et une capacité potentielle de transfert de 100 à 150 tonnes en orbite basse, soit 5 à 7 fois plus qu’Ariane 6. Elle est propulsée par un booster Super Heavy, son premier étage, lui-même équipé de 33 moteurs Raptor. 

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

A coup sûr, la saga Starship valide la méthode de développement de SpaceX. Celle-ci consiste à réduire la phase de conception pour aboutir très rapidement à un prototype, testé en vol. L’échec est attendu et accepté, les leçons des vols précédents nourrissant la réflexion sur la conception du lanceur. Ce type de développement brouille la frontière entre succès et échec, la progression étant généralement considérée comme plus importante que la réussite de toutes les phases du test.

Une méthode radicalement différente de ce qui se fait traditionnellement dans le secteur spatial, où tout doit fonctionner dès le premier coup, au prix de sur-spécifications et de vérifications aussi longues qu’onéreuses. Pas étonnant dès lors que les recettes d'Elon Musk inspirent fortement la nouvelle vague de minilanceurs en Europe et notamment MaiaSpace, la filiale d'ArianeGroup

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.