Airbus développe un système anti collision d’avions pour les pistes d’aéroports

Airbus met au point un système d’alerte pour prévenir les risques de collisions sur les pistes d’aéroports, représentant une menace fréquente en matière de sécurité. L’outil se base sur les signaux de positionnement des appareils et évalue l’imminence d’un possible incident. L’avionneur européen table sur un déploiement en 2029.

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Airbus JAL
Les collisions d'avions au sol arrivent régulièrement. Pour réduire ce risque, Airbus met au point un système d'alerte pour les pilotes.

Mardi 2 janvier 2024, aéroport de Tokyo-Haneda. Ce jour-là, un Airbus A350-900 de Japan Airlines à en phase d’atterrissage percute un Bombardier Dash 8 des garde-côtes japonais présent sur la piste. Bilan : 5 des 6 occupants de l’appareil heurté meurent. Un accident qui légitime encore davantage une initiative lancée en toute discrétion chez Airbus à la fin des années 2010 : le développement d’un système capable d’alerter les appareils en cas de risque imminent de collision au niveau du sol. Son nom ? Surf-A, pour « surface awarness and alerting ». Et Airbus espère pouvoir le déployer dès 2029.

Le système développé par Airbus pourrait contribuer à réduire une menace assez fréquente. «Il y a eu en moyenne un événement sévère par mois dans le monde lié à une incursion sur piste durant les quatre dernières années, estime un expert aéronautique. La plupart du temps, ces événements impliquent uniquement des avions et dans 20% des cas, un engin terrestre.» En novembre 2022, un Airbus A32neo, reliant Lima à Juliaca, au Pérou, a percuté un camion de pompier présent sur la piste, faisant trois morts. Avec la hausse du trafic aérien, cette problématique est même désormais en tête de liste des préoccupations des compagnies aériennes.

Les signaux ADS-B mis à profit

Le système développé par Airbus repose sur l’utilisation des signaux ADS-B des avions, émis en permanence par les appareils commerciaux. Ceux-ci fournissent toutes les informations de positionnement grâce aux différents systèmes de localisation par satellite (GNSS), tels que le GPS. Ce sont ces signaux qui permettent à des sites tels que Flight Radar d’assurer le suivi en temps réel du trafic aérien. «L’idée est d’utiliser ces signaux ADS-B des appareils pour détecter de potentiels risques de conflit, résume un expert. Et ce dans une zone de temps de 30 secondes, ce qui représente environ 2000 mètres pour réagir à un avion en train d’atterrir.»

Une fois détecté, le conflit potentiel génère une alerte dans le cockpit, conduisant l’équipage à appliquer dès les lors la procédure la plus adaptée, telle qu’une remise de gaz si l’appareil est en train d’atterrir alors qu’un autre avion était encore sur la piste. Pour Airbus, toute la difficulté consiste à ajuster au mieux la sensibilité de la détection, via des algorithmes performants, de sorte à prévenir suffisamment tôt d’un risque sans pour autant générer d’alertes intempestives. «L’équipage doit avoir pleinement confiance dans un tel système», glisse une source proche de ces travaux.

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Un nouvel outil pour renforcer la sécurité aérienne

Pour Airbus, l’objectif est de faire certifier Surf-A, pour les A320 et les A330 dans un premier temps et les A350 dans un second temps. Puis de mettre à jour dès 2029 l’avionique des Airbus actuels, sans que de nouveaux équipements ne soient nécessaires. Passé cette date, le système devrait devenir un outil disponible pour tout nouvel appareil. Surf-A pourrait ainsi compléter la panoplie déjà bien fournie des systèmes de sécurité aéronautique. Pour l’heure, aucun système d’alerte n’existe pour éviter les collisions d’avions au sol. Configurations aéroportuaires parfois trop complexes, incompréhension entre pilotes et contrôleurs aériens, signalétiques lumineuses parfois insuffisantes, systèmes de surveillance défaillants… Les cas de figures sont multiples qui expliquent la permanence de ce risque.

Pour sensibiliser le monde de l’aérien à cet enjeu de sécurité, une initiative internationale – le Gappri – a été mise en place pour émettre des recommandations. Avec Surf-A, Airbus tente d'ajouter sa pierre à l'édifice, via une solution technique disponible à court terme. Si l'avionneur européen parvient à généraliser ce système au sein de ces appareils, Boeing sera peut-être poussé à suivre le mouvement. Tout comme les appareils militaires et l’aviation légère, qui ne sont pas tenus pour le moment à émettre des signaux ADS-B, même au niveau des aéroports.

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