L’essentiel des commandes
Airbus aura connu une belle accélération de commandes en fin d’années. L’avionneur européen a cumulé 161 commandes brutes pour le seul mois de décembre et 22 annulations de commandes, soit un solde net de 139 commandes. Des contrats venus des compagnies aériennes Air Lease (dont 79 A321neo, 25 A220-300, 5 A330-900 et 7 A350F), d’Aviation Capital (25 A321neo et 15 A320neo) ainsi que de Carlyle Aviation Partners (1 A220-300). Sur l’ensemble de l’année 2021, Airbus cumule 771 commandes brutes et 264 annulations, soit un total net de 507. Sans surprise, c’est l’A320 qui tire l’essentiel des commandes (661), suivie par l’A220 (64), l’A330 (30), de l’A350 (16 dont 11 en version fret). Airbus termine l’année avec un carnet de commandes de 7082 appareils, contre 7184 appareils en 2020. De quoi relativiser pour le groupe l’impact commercial de la crise du transport aérien.
En décembre, Boeing a engrangé 80 commandes brutes et encaissé une seule annulation (un 737 MAX d’Aviation Capital, soit un solde de 79 commandes. La compagnie aérienne Allegiant Air, ex client d’Airbus, a commandé 50 737 MAX et un client – anonyme – en a commandé 7 également. Pour le reste, il s’agit d’appareils dédiés au fret : 19 B 767 pour UPS et 4 B 777 pour Atlas Air. Sur l’ensemble de l’année, Boeing a engrangé 909 commandes brutes auxquelles il faut soustraire 430 annulations et conversions, soit un solde de 479 appareils. A lui seul, le B737 MAX représente 749 commandes. L’avionneur a par ailleurs réintégré dans son carnet de commandes 56 avions dans le cadre de sa norme comptable ASC 606 : elles avaient été retirées en 2020, en raison notamment de la mauvaise santé financière de certains clients, rétablie depuis. Au final, Boeing affiche un solde de 535 commandes en 2021. A la fin de l’année, Boeing présente un carnet de commandes de 4250 appareils.
Les livraisons

- 95.92+1.23
9 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 17093.18-0.23
Mars 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
Pari tenu pour Airbus, qui s’était fixé comme objectif de livrer 600 appareils en 2021. L’avionneur européen est parvenu à aller au-delà en livrant 611 avions, dont 93 en décembre : 50 A220, 483 A320, 18 A330, 55 A350 et 5 A380. Défi relevé donc, mais qui souligne le net ralentissement du marché des long-courriers. Et si ce niveau est bien supérieur à celui de 2020, avec cette année-là 566 livraisons, il renvoie malgré tout Airbus loin en arrière : l’avionneur avait livré 588 appareils en 2012 et 626 en 2013. L’année record de 2019 paraît bien lointaine, avec pas moins de 863 livraisons.
Moindre performance industrielle pour Boeing en 2021. L’avionneur américain a livré 340 appareils en 2021, dont 38 en décembre. Pour mémoire, il en avait livré 806 en 2018 et seulement 157 en 2020. Un niveau qui s’explique avant tout par les livraisons de son monocouloir, le 737 MAX, tandis que l’arrêt de la production du 787 en cours d’année a tiré le niveau de livraisons vers le bas.
Le tableau de bord mensuel
Ce tableau récapitule les commandes nettes des avionneurs, autrement dit le niveau de commandes une fois soustraites les annulations. Boeing soustrait par ailleurs des commandes lorsqu'il estime que certaines compagnies ne sont pas en mesure de les honorer, suivant la norme comptable ASC 606.
Les cadences de production
Airbus a annoncé un nouveau calendrier industriel jeudi 27 mai. Les cadences pour la famille A320 doivent passer de 40 par mois en janvier à 45 au quatrième trimestre 2021. L'avionneur mise sur un niveau de 64 appareils par mois au deuxième trimestre 2023 et demande à ses fournisseurs d'anticiper un scénario à 70 appareils par mois au premier trimestre 2024. L'industriel évoque la possibilité de produire 75 appareils par mois en 2025. Les cadences de l’A220 devraient passer de 5 à 6 avions par mois début 2022. Pour les long-courriers, très affectés par la crise, les cadences mensuelles de l'A350 devraient passer de 5 appareils par mois à 6 à l'automne 2022 et se maintenir à 2 appareils par mois pour l'A330. Le groupe a précisé le 29 juillet dernier, à l’occasion de la présentation de ses résultats semestriels, qu’il visait un niveau de 600 livraisons sur l’ensemble de l’année, contre 566 en 2020.
Côté Boeing, la production du 737 MAX relève peu à peu le nez : l’avionneur prévoit d’en produire 31 par mois début 2022. Alors que la cadence du 767 est de 3 appareils par mois, Boeing a confirmé en avril que les cadences de production combinées des 777 et 777X passent à 2 exemplaires par mois. Les cadences pour le 787 sont passées de 14 début 2020 à 5 par mois depuis le mois de mars 2021, mais Boeing a annoncé mi juillet une nouvelle baisse temporaire d'activité sur ce programme en raison de l'apparition de nouveaux problèmes.
Les résultats financiers
Les indicateurs financiers d’Airbus reviennent dans le vert pour le premier semestre 2021, malgré la persistance de la crise sanitaire qui touche fortement le secteur aéronautique. L’avionneur a enregistré un chiffre d’affaires de 24,6 milliards d’euros, en hausse de 30% par rapport au premier semestre 2020 : 17,8 milliards d’euros pour la branche commerciale (+42%), 2,6 milliards d’euros pour Airbus Helicopters (+11%) et 4,5 milliards d’euros pour Airbus Defence and Space (0%). Airbus affiche un résultat opérationnel ajusté de 2,7 milliards d’euros, contre une perte de 1,6 milliards d’euros au premier semestre 2020, ainsi qu’un bénéfice net de 2,2 milliards d’euros de bénéfices, contre une perte de 1,9 milliards d’euros durant la même période l’an dernier.
Boeing bénéfice aussi d’une embellie financière pour le premier semestre. L’avionneur américain affiche un chiffre d’affaires de 32,2 milliards de dollars (27,3 milliards d’euros), en hausse de 12% par rapport au premier semestre 2020. Alors que l’aviation commerciale a contribué à hauteur de 10,3 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros), la division dédiée au spatial, au militaire et à la sécurité a généré un chiffre d’affaires de 14 milliards de dollars (11,9 milliards d’euros) et celle liée aux services 7,8 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros). La période signe aussi le retour aux bénéfices, mais à un niveau modeste : Boeing affiche 6 millions de dollars (5 millions d’euros) de bénéfices, contre une perte de 3 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) au premier semestre 2020.
Les projections de livraisons
Alors que la production de long-courriers devrait s’accélérer à partir de 2022, le niveau historique de 2018 ne devrait être atteint par Airbus et Boeing que vers 2026 ou 2027, selon les prévisions du cabinet Archery Strategy Consulting.
Pour les long-courriers, la reprise sera bien plus longue, avec une remontée effective des cadences vers 2026-2027, mais sans retour au niveau d’avant crise prévu à moyen terme. Le cabinet prévoit durant la décennie 2020 une part de marché d’Airbus de 60% face à Boeing, en nombre d’avions.

Source: Archery Strategy Consulting



