Consacrer jusqu’à 5% de leur PIB (produit intérieur brut) à leur effort de défense d’ici la prochaine décennie : c’est la promesse faite par les 32 pays membres de l’OTAN réunis en sommet à la Haye aux Pays-Bas les 24 et 25 juin. «Il s’agit d’un engagement significatif important en réponse à des menaces importantes pour notre sécurité», a justifié le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.
Ce sommet réunit les chefs d’État et de gouvernement de tous les pays de l’Alliance avec en protagoniste principal le président des États-Unis, Donald Trump. Clairement, les pays européens membres de l’alliance accèdent à l’une de ses demandes. Le chef de la Maison Blanche a souvent critiqué ses partenaires européens de ne pas en faire assez pour assurer leur propre sécurité.
Quand les États-Unis ont consacré 755 milliards de dollars pour leurs armées en 2024, l’ensemble des pays européens de l’OTAN et le Canada ne dépensent que 430 milliards de dollars dans ce domaine. Selon le secrétaire de l’OTAN, cet engagement va donc permettre d’égaliser l’effort avec les États-Unis et de faire face à la menace russe.
Plus de chars, plus de munitions, plus de défense aérienne
Selon l’Alliance, ce nouveau plan d'investissement de défense serait «décisif» vis-à-vis de la Russie pour assurer une dissuasion efficace. Son secrétaire général exhorte ainsi ses membres «à quintupler leurs capacités de défense aérienne et à se doter de milliers de chars, de véhicules blindés et de millions de munitions d’artillerie supplémentaires pour contribuer à la protection du milliard de personnes vivant dans les pays de l’OTAN».

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Les pays européens consacrent aujourd’hui en moyenne seulement 2% de leur PIB pour leurs armées (contre 3,4% pour les États-Unis), l’effort minimum qui avait jugé nécessaire en 2014 pour disposer d’une armée aux capacités répondant aux critères d’exigence de l’Alliance. En 2024, 23 pays membres avaient atteint cet objectif contre 10 un an plus tôt et 3 seulement en 2014. Et il leur a fallu plus de 10 ans pour atteindre cet objectif pris au lendemain de l’annexion russe de la Crimée en 2014.
Les disparités sont toutefois fortes en Europe, très dépendantes de la proximité géographique de chaque pays avec la Russie, désormais considérée comme une menace à long terme. Ainsi la Pologne est le pays qui a fait l’un des efforts les plus impressionnants, consacrant 4,12% de son PIB l’an dernier pour sa défense contre moins de 2% dix ans auparavant. Grâce à des hausses significatives du budget de ses armées ces dernières années, la France vient à peine de se mettre en conformité avec l’objectif des 2%. D’autres pays sont encore à la traine en investissant moins dans ce domaine comme la Croatie (1,8%), le Portugal (1,55%), l’Italie (1,49%), l’Espagne (1,28%)
La Pologne, bon élève de l'OTAN
Passer de 2 à 5% du PIB pour son effort de défense, sera tout sauf trivial, surtout quand l’on connaît la situation économique des différents pays européens qui luttent déjà pour équilibrer leurs finances publiques. Pour l’ensemble des pays européens de l’OTAN, cela veut plusieurs dizaines de milliards d’euros supplémentaires par an. Ils devront convaincre leurs citoyens du bien-fondé de cette nouvelle priorité.
Toutefois, ce chiffre est artificiellement gonflé. Ces 5% sont en fait la somme de deux dépenses : 3,5% pour les dépenses dites essentielles à l’équipement des armées, et 1,5% pour des dépenses dites relatives à la défense et la sécurité du pays afin de renforcer la cybersécurité, la mobilité des moyens militaires, les moyens de lutte contre les guerres hybrides…
Les industriels de l’armement devraient être les premiers bénéficiaires d’un tel effort. «Cela permettra un bond en avant considérable dans notre défense collective, a précisé à l’occasion du sommet le secrétaire général de l’OTAN. Les pays de l’alliance ont convenu de dynamiser nos industries de défense, ce qui non seulement renforcera notre sécurité, mais créera également des emplois ». À l’occasion du Forum des industries de défense organisé en marge du sommet de l’OTAN, il avait déjà souligné qu’« Il n’y (avait) pas de défense sans industrie de défense forte».
Plusieurs mois avant le sommet, la France avait déjà affiché l’objectif de consacrer environ 3,5% du PIB de la nation aux armées. Lors de ses vœux aux armées en janvier dernier, le président Emmanuel Macron avait demandé au secrétariat général pour la défense et la sécurité nationale (SGDSN) de procéder à une actualisation de la revue nationale stratégique, un document qui identifie les enjeux stratégiques et capacitaires en matière militaire. Le président devrait en donner les principales conclusions à l’occasion de son traditionnel discours aux Français le 14 juillet prochain.



