Les fusées redécolleront bientôt depuis Kourou. L’activité devrait reprendra au Centre spatial guyanais (CSG) à partir de la mi-mai. Dès le 15 mars, pour freiner la propagation du virus, la décision avait été prise d’arrêter les activités de préparation des lancements et le chantier du pas tir ELA4 d’Ariane 6. Les lanceurs avaient été vidangés et mis en sécurité comme les infrastructures, la plupart des ingénieurs et techniciens en mission étaient retournés en Europe.
"Concernant le CSG, nous avons mené de nombreuses consultations avec nos partenaires industriels et la préfecture de Guyane. J’ai décidé de mettre en place un certain nombre de mesures qui vont permettre la reprise des opérations de lancement au CSG et la reprise des travaux sur le chantier ELA4 pour Ariane 6 à partir de la mi-mai", a précisé Jean-Yves Le Gall, président du CNES à l’occasion d’une conférence téléphonique avec les journalistes de l’AJPAE (association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace), jeudi 30 avril.
Rattraper les deux mois de retard
Lorsque les collaborateurs reviendront au travail, ils seront équipés de masques et de blouses car certaines opérations nécessitent de travailler en équipe rapprochée. "L’objectif est d’effectué le lancement de la fusée Vega VV16 vers la mi-juin et Ariane 253 dans la deuxième quinzaine de juillet", a précisé le président du CNES. Après le respect d'un protocole sanitaire strict (confinement en Europe, quatorzaine en hôtel à Kourou...), une centaine de missionnaires doivent arriver d’Europe à partir du 11 mai par charter pour préparer le lancement de Vega. À partir du 25 mai, d’autres missionnaires seront accueillis en suivant le même protocole pour préparer le lancement d’Ariane 5.

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Le lancement de petit lanceur d’Arianespace Vega est important à double titre. D’une part, il s’agit du premier lancement de la fusée italienne après son explosion en plein vol en juillet 2019, deux minutes environ après son décollage. D’autre part, cette mission est particulière puisqu’elle placera une cinquantaine de petits satellites en orbite prouvant son aptitude à répondre au marché des constellations.
Une confiance relative
Jean-Yves Le Gall se dit confiant dans la capacité de ses équipes et de ses partenaires pour rattraper les deux mois perdus. "On va se mettre en situation de rattraper les retards induits du fait de l’arrêt des opérations. On l’avait fait il y a trois ans lorsque nous avions dû interrompre les opérations de lancement en Guyane à cause des difficultés sociales. Trois mois après la fin du conflit social, on avait repris le calendrier de lancement", a-t-il rappelé toute en reconnaissant que le travail serait rendu plus difficile par la contrainte de distanciation. Selon lui, le retard pris sur la construction du pas de tir ELA4 ne devrait pas avoir d’incidence significative pour le premier vol d’Ariane 6.
Contrairement au secteur de l’aéronautique, le président du CNES estime que le secteur spatial est mieux armé pour sortir de la crise. "On n’est pas dans une problématique de sauvetage du spatial comme peuvent l’être d’autres secteurs qui sont plus impactés. On est au contraire dans une problématique de valorisation de ce qui est démontré et qui fonctionne bien (…). Je suis relativement confiant. Je n’imagine pas le grand soir mais on devrait au moins limiter les coupes dans un environnement où les budgets vont être serrés", a-t-il affirmé. Le secteur peut en effet compter sur les 14,4 milliards d’euros que comptent investir les états membres de l’Agence spatiale européenne ces cinq prochaines années et sur des contrats commerciaux (encore) modérément impactés par la crise.



