Safran et Air Liquide ont entamé des négociations exclusives pour l’acquisition, par le premier, des activités du second dans le domaine de l’oxygène et l’azote pour l’aéronautique. L’opération, annoncée le 1er juin, ne devrait pas être finalisée avant début 2024, et sa valeur envisagée n’est pas divulguée pour le moment. Elle porte sur un ensemble regroupant 218 salariés et représentant un chiffre d’affaires de plus de 40 millions d’euros en 2022. Ces activités, tout comme les salariés concernés, sont implantées sur le Campus Technologies Grenoble d’Air Liquide, à Sassenage, en Isère, et seront maintenues sur le site.
La cryogénie d'hydrogène pas concernée
« Le projet de cession porte sur les technologies et les unités de production associées, ce qui ne comprend pas d’unités de production de gaz, indique-t-on chez Air Liquide. Safran reprendrait aussi le bâtiment qui abrite ces activités et qui se trouve en face des principaux bâtiments du Campus ». Le groupe français spécialiste des gaz industriels ne dispose pas d’autres actifs de ce type dans le monde. De son côté, l'activité Systèmes oxygène de Safran Aerosystems représente un chiffre d’affaires annuel d’un peu plus de 200 millions d’euros et regroupe 500 salariés, principalement sur ses sites de R&D et de production à Plaisir, dans les Yvelines, et à Lancaster, dans l’Etat de New-York, aux Etats-Unis.
Air Liquide s'est lancé dans le secteur en 1983, afin de fournir le marché aéronautique en gaz embarqués et en équipements associés à bord des appareils. Dans son communiqué, le groupe parle « d’équipements respiratoires portables oxygène, de solutions de concentration, de stockage et de distribution d’oxygène et d’azote embarquées, ainsi que celles concernant le support au sol et l’activité optronique ». Des activités qui ne sont plus perçues comme stratégiques dans l’évolution du périmètre du groupe. En revanche, le projet exclut la reprise des activités d’Air Liquide dans le domaine de la cryogénie d’hydrogène pour l’aéronautique.
Générer de l'oxygène en vol
Cette acquisition permettrait à Safran Aerosystems de venir compléter ses gammes d’équipements de sécurité utilisés par les équipages, les pilotes et les passagers d’avions civils et militaires, ainsi que d’hélicoptères. Le groupe est particulièrement intéressé par les systèmes d’Air Liquide pour la génération d’oxygène à bord (système OBOGS pour on-board oxygen generation systems), qui ne font pas encore partie de son portefeuille. Cela consiste à « prendre de l’air au niveau des moteurs et à séparer les molécules pour conserver l’oxygène », précise un porte-parole de Safran. Ce système de production d’oxygène à bord s’appliquerait plutôt aux aéronefs militaires, qu’il s’agisse de transport ou d’avions de chasse, entre autres.
Les activités d’Air Liquide viendraient aussi compléter les gammes de systèmes de Safran pour la génération de gaz inertes (systèmes OBIGGS, pour on-board inert gas generative systems). Ces systèmes sont notamment conçus pour parer aux risques d’incendie et d’explosion dans les réservoirs d’appareils en permettant de réduire la présence d’oxygène par de l’azote, un gaz qui n’est pas inflammable. D’autres systèmes sont complémentaires, comme des technologies différentes pour des cagoules réservées aux équipages et produisant de l’oxygène en cas de dégagement de fumée à bord, ou encore différents types de bouteilles portables ou de cartouches pour générer de l’oxygène dans certaines conditions d’urgence en vol.



