Rafale, sous-marins, hélicoptères… L’Indonésie, un bon client de l’industrie française d’armement

En achetant 42 Rafale pour 7,1 milliards d’euros, l’Indonésie devient le 7e client étranger de l’avion de combat français. Prêt à doubler son budget militaire d'ici 2024, ce pays de 270 millions d'habitants, central dans la région indopacifique, envisage également l’achat de deux sous-marins auprès de Naval Group. De quoi faire de l’Indonésie le premier client de la France en matière d’armement dans la région, devant Singapour.

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© Dassault Aviation - K. Tokunaga     /     © Dassault Aviation - K. Tokunaga
Pour recevoir ses appareils plus vite, l'Indonésie va verser des versements d'ici à la fin de l'année pour l'achat des six premiers appareils uniquement. Ce qui permettra d'assurer des premières livraisons en 2025.

Encore un succès pour le Rafale. L’Indonésie va acquérir 42 appareils neufs pour un montant de 7,1 milliards d’euros, armements inclus. Le contrat a été rendu public suite à une rencontre à Jakarta ce 10 février entre la ministre des Armées Florence Parly et le président de la République d'Indonésie Joko Widodo. Les premiers avions devront être livrés à l’horizon de 2025. Il s’agit du deuxième plus gros contrat Rafale après le contrat signé avec les Emirats arabes unis en décembre pour l’achat 80 appareils. La commande indonésienne prévoit des appareils livrés au standard F3R (celui en cours dans les armées françaises), dont 30 avions monoplaces et 12 biplaces.

Djakarta devient ainsi le 7e client du Rafale après l’Inde, les Emirats arabes unis, l’Egypte, la Grèce, la Croatie et le Qatar. Pour accélérer la livraison des appareils, les premiers paiements - qui concerneront uniquement un premier lot de 6 Rafale - devraient être effectués d’ici la fin de l’année. De quoi déclencher ensuite la production, sachant qu’il faut trois ans pour assembler un Rafale.

Des négociations éclair

Selon le ministère des Armées, ce contrat est la conclusion d’un travail collectif mobilisant tout l’écosystème d’armement et au-delà. Les premières négociations ont véritablement démarré en août 2020. Les ministres de la Défense des deux pays respectifs, Mme Parly et M. Prabowo, signent alors une lettre d’intention portant sur la coopération en matière d’équipements stratégiques. Suivront alors des discussions avec leurs collaborateurs concernant le nombre d’avions, le calendrier des livraisons, les modalités de financement. Côté français, participent à ces discussions la DGA (Direction générale à l’armement), les services de Bercy, Bpifrance, mais également les industriels fournisseurs (Dassault Aviation, Thales, Safran) sur la question des compensations industrielles.

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Dassault Aviation et les industriels du Rafale (Thales pour l’avionique, Safran pour le moteur, MBDA pour l’armement) ne seront pas les seuls bénéficiaires du déplacement de Florence Parly à Djakarta. L’Indonésie souhaite également acheter des sous-marins de la classe Scorpène fabriqués par Naval Group. Ce 10 février, les deux pays ont signé une lettre d’intention pour faire des études de recherche et développement en matière de sous-marin, avec une prévision indonésienne de commander deux exemplaires.

Un budget militaire indonésien en forte hausse 

Avec ce nouveau contrat Rafale, l’Indonésie devient ainsi le premier client de la France en équipements d’armement dans la région de l’Asie du Sud-Est, devant Singapour. «Ces gros contrats d’armement sont des ciments extrêmement solides qui arriment une relation bilatérale, qui nous engagent sur des décennies », souligne Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées. Après la crise des sous-marins australiens liée à la rupture du contrat avec Naval Group, la France renforce ainsi ses liens stratégiques avec l’un des pays clé de cette zone.

Le 4e pays le plus peuplé du monde, avec 270 millions d’habitants, veut moderniser ses armées. Djakarta a dépensé l’an dernier 7,7 milliards de dollars en armement, soit 0,8% de son PIB, et veut doubler cet effort d’ici à 2024. La France est l’un de ses principaux fournisseurs de longue date. En moyenne sur la période 2011-2020, les contrats d’armements atteignent en moyenne 167 millions d'euros avec un pic à 480 millions en 2013.  Parmi ses achats : beaucoup d’hélicoptères (14 H225, 12 Fennec et 11 Panther) ainsi que des navires et des radars. En fin d'année dernière, le pays avait également acheté deux A400M à la division militaire du groupe Airbus

Avec ce dernier contrat, Dassault Aviation aura vendu au total 471 Rafale, dont 279 à des armées étrangères. Soit un taux d’exportation de 60% en simplement sept ans, 2015 étant l'année de la vente des premiers Rafale à l’Egypte. A titre de comparaison, le Mirage 2000 s’était exporté à seulement 50% en vingt ans. Les retombées industrielles sont significatives en France. La fabrication d’un Rafale par mois mobilise environ 7000 personnes dans les usines de Dassault Aviation et chez 400 partenaires industriels en France.

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