La France est bien décidée à poursuivre son soutien militaire à l’Ukraine. Dernière décision en date : la livraison de chars AMX-10 RC. Le ministre des Armées a échangé avec son homologue ukrainien Oleksiy Reznikov le 12 janvier pour affiner le volume et le calendrier. «Nous sommes convenus de livrer les chars dans les deux mois à venir et de débuter les formations des militaires ukrainiens rapidement», indique à L’Usine Nouvelle, Sébastien Lecornu. Il se félicite par ailleurs que cette décision ait incité les Allemands, jusqu’ici réticents à livrer des chars, à prendre une décision similaire avec leurs véhicules de combat Marder. Les Américains ont fait de même, tout comme les Britanniques.
Pas question pour Paris donc d’accepter les critiques selon lesquelles la France n’en ferait pas suffisamment pour venir en aide à Kiev. Pour le ministère, ces critiques reposent souvent sur des classements partiels ou inexacts. «Nous faisons bien plus que ce que l’on dit. Ces classements sont par ailleurs biaisés car ils ne prennent pas en compte la Facilité européenne pour la paix. Ce dispositif, pour lequel la France est un contributeur majeur [avec une contribution de 550 millions d’euros sur 3,1 milliards, ndlr], permet de payer le recomplètement des armements livrés par d’autres États européens », contre-attaque le ministre.
La qualité des équipements livrés, plutôt que le volume
Avec cet effort, la France estime se retrouver parmi les trois premiers pays à venir en aide à l’Ukraine. Enfin, quand certains classent les contributions en fonction du tonnage du matériel livré, la France privilégie la qualité des armements livrés comme avec le canon Caesar, les missiles Crotale, qui contribuent à la défense anti-aérienne de l’Ukraine, et bientôt le radar de dernière génération Ground Master 200 de Thales.
Le ministère des Armées se fixe des règles claires dans le cadre du soutien à Kiev. «On ne cède pas de systèmes qui pourraient affaiblir notre système de défense», souligne Sébastien Lecornu. Par ailleurs, ce qui est cédé doit faire l’objet d’un remplacement par du matériel neuf. Quand la France livre rapidement 18 canons Caesar à Kiev, elle les prélève sur le parc de l’armée de Terre ! Ces canons vont être remplacés. «J'ai fait lancer les commandes et demandé à Nexter de tenir des délais rapides. En juin, Nexter annonçait plus de 30 mois pour livrer nos 18 Caesar. Finalement, les premiers Caesar arriveront en 2023», souligne Sébastien Lecornu.

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Déjà quatre systèmes font l'objet de contrats
Pour être plus efficace dans son soutien à l’Ukraine, Paris a mis en place un fonds spécial de soutien de 200 millions d’euros. L’objectif est de passer de la cession de matériels des armées à l’acquisition de matériels neufs ou de contrats de soutien par l’Ukraine, directement auprès des industriels français. En puisant dans ce fonds spécial, les Ukrainiens ont l’assurance d’avoir du matériel neuf, de qualité, et entretenu. «La France est le seul pays à avoir pris une telle initiative. Cela permet de brancher directement l’armée ukrainienne à nos industriels tout en évitant de puiser perpétuellement dans les stocks de nos armées, se félicite le ministre. C’est aussi un galop d'entraînement pour nos industriels que d’avoir un client en guerre. Cette situation nous oblige à tirer des leçons pratiques de nos propres organisations.»
Aujourd’hui, quatre systèmes ont fait l’objet de contrats, ou vont l’être, grâce au fonds spécial : des ponts flottants, des véhicules blindés de transport de troupe Bastion, le radar GM200 de Thales d’alerte et de protection des populations ou bien encore des services et des pièces de rechange pour la maintenance des canons Caesar déjà livrés.
Hassan Meddah, avec Emmanuel Duteil et Olivier James



