Nouveau revers pour les industriels de la défense en France. La Finlande a fait le choix du F-35 américain plutôt que du Rafale, a annoncé le gouvernement local, vendredi 10 décembre. Les forces aériennes locales vont s’équiper du modèle F-35A Ligthning II du fabricant américain Lockheed Martin. Le contrat porte sur 64 appareils, leur armement, la formation du personnel ainsi que les services de maintenance jusqu’à la fin 2030. Les premiers appareils seront livrés à partir de 2026 pour remplacer les actuels F-18 finlandais. Le montant du contrat s’élève à 8,4 milliards d’euros.
Dassault Aviation, qui faisait partie des compétiteurs, a regretté ce choix : « Dassault Aviation prend acte de la décision souveraine des autorités finlandaises de choisir la solution américaine pour le remplacement des F-18 de la composante aérienne. Une fois encore, nous constatons et regrettons une préférence américaine en Europe ».
En effet, les récentes victoires du Rafale en Grèce et en Croatie ne pèsent pas beaucoup par rapport au large succès du F-35 en Europe. Un véritable plébiscite. Outre la Finlande, l’avion américain de cinquième génération a déjà été sélectionné par le Royaume-Uni (138 exemplaires commandés), l’Italie (90), la Norvège (52), les Pays-Bas (46), la Suisse (36), la Belgique (34), la Pologne (32) et le Danemark (27)…
Le F-35, une machine de guerre commerciale

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Pour justifier de sa décision, la Finlande a souligné que la Norvège et le Danemark avaient déjà fait ce choix, soulignant en creux l’importance d’avoir une interopérabilité native avec l’avion de combat de ses voisins directs. L’avion américain est une véritable machine de guerre commerciale. Au total, Lockheed Martin a déjà livré plus de 730 appareils dans le monde.
Les autorités finlandaises précisent que le choix américain s’est effectué après une mise en compétition, après avoir sollicité des offres dès 2015 de la part des Etats-Unis, de la France, de la Suède et du Royaume-Uni. En avril 2021, toutes les offres avaient déposées. Le F-35 de Lockheed s’était donc retrouvé en compétition avec le Rafale de Dassault Aviation, le F/A-18 de Boeing (version Super Hornet), le Gripen de Saab et le Typhoon du consortium européen Eurofighter.
Selon Helsinki, le F-35 présentait à la fois l’efficacité militaire et le potentiel de croissance les plus élevés. Son coût total de possession, incluant l’achat et l’entretien, était également meilleur, ne dépassant par le budget annuel prévu à cet effet de 254 millions d’euros. Par ailleurs, la Finlande a obtenu, selon elle, des contreparties industrielles significatives. Les industriels locaux produiront le fuselage avant du F-35 ainsi que des composants structuraux. Ils pourraient réaliser l’assemblage final du moteur pour leur armée de l’air. De quoi générer 4 500 emplois directs et 1 500 emplois indirects par an. Pas négligeable.



