PLD Space, la start-up qui fait entrer l'Espagne dans le club fermé des nations spatiales

La start-up espagnole PLD Space prévoit de tester prochainement son lanceur réutilisable, qui devrait à terme pouvoir mettre sur orbite des satellites de 450 kilos. Elle ambitionne d'assurer une dizaine de lancements chaque année à partir de 2027, mais devra faire face à de nombreux rivaux.

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PLD Space
Dotée d'un seul étage, la mini fusée récupérable Miura 1 mesure 12,5 mètres de long et pèse 2,55 tonnes

L’Espagne est en passe de devenir la dixième nation spatiale au monde. D'ici à la fin du mois de juin, la mini fusée Miura 1 de la start-up PLD Space devrait effectuer son premier vol depuis Huelva, en Andalousie, ce qui permettra au pays de mettre de petits satellites en orbite. Ce tir, qui n’est qu’une première étape, est très attendu : ce sera la concrétisation d’un projet fou lancé en 2011 à Elche, près d’Alicante, par deux ingénieurs, Raul Torres et Raul Verdu. Agés à l’époque de seulement 22 et 23 ans et fascinés par les fusées, les deux amis ont fondé leur entreprise avec seulement 3 000 euros en poche, prêtés par leurs parents. Aujourd’hui, elle compte près de 120 employés pour une moyenne d’âge de 35 ans et s'apprête à atteindre son but avec ce lancement imminent. Premier groupe privé européen spécialisé dans les fusées réutilisables à franchir cette étape critique, PLD Space ne cesse de grandir et vient d’annoncer le doublement de la surface de sa base d’essai à Teruel, en Aragon.

Un lancement retardé d'un an

La jeune pousse espagnole entend répondre à la demande croissante d’envoi de satellites. Elle veut démocratiser l’industrie spatiale en créant des petites fusées capables d’envoyer rapidement, à moindre coût mais de façon sûre, des satellites de moins de 450 kilos. « 70% des satellites pèsent moins de 500 kilos. Nous espérons réaliser à terme un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros par an sur ce marché », a indiqué récemment Raul Verdu. Le secteur est en pleine expansion : près de 18 500 satellites doivent être lancés au cours de la prochaine décennie selon le cabinet Euroconsult.

Mais tout n’est pas simple pour PLD. Plusieurs fois repoussé, le lancement de Miura 1 accumule un an de retard. Prévu normalement pour ce printemps, la date est difficile à arrêter : aux contraintes techniques, il faut prendre en compte la météo. Reste que les autorisations ont été délivrées et sur le site militaire d’El Arenosillo, dans le sud de l’Espagne, tout est prêt pour le lancement. Dotée d'un seul étage, la mini fusée récupérable mesure 12,5 mètres de long et pèse 2,55 tonnes. Elle peut atteindre une altitude de 150 kilomètres et envoyer dans l’espace une charge de 100 kilos. Son moteur a été testé avec succès en septembre dans la base d’essai de Teruel. Une fois lancée, la fusée chutera douze minutes plus tard au-dessus de l’Atlantique, soutenue par un grand parachute, puis sera récupérée par un navire équipé d’une grue articulée.

Une rude concurrence

Si le tir est réussi, l’étape suivante sera le lancement à Kourou (Guyane), d’ici à 2024, de Miura 5, un véhicule spatial à deux étages, pouvant mettre en orbite des satellites. Environ 70% des composants mis au point en interne pour Miura 1 seront utilisés pour Miura 5. PLD Space espère être opérationnel d’ici deux à trois ans pour assurer, d’ici à 2027, une dizaine de lancements par an. La start-up a été soutenue financièrement par les autorités espagnoles et l'Agence spatiale européenne. « Nous voulons placer l’Espagne à l’avant-garde du transport spatial », a expliqué le chef du gouvernement Pedro Sanchez lors d'une récente visite sur leur base de lancement. Entre le public et le privé, la jeune pousse a levé 60 millions d’euros, mais il lui en faudra 150 de plus pour développer Miura 5. Pas de quoi pour autant effrayer l’entreprise, qui affirme avoir déjà signé des contrats avec six agences spatiales dans le monde. « L’espace deviendra le nouvel internet », avance Raul Verdu.

PLD Space devra néanmoins affronter une rude concurrence à l'échelle européenne. La pépite allemande Isar Aerospace, qui développe un projet similaire, a levé 155 millions d'euros en mars. Les projets de Rocket Factory Augsburg (Allemagne), Latitude, HyprSpace, Sirius (France) ou encore Maïa Space, piloté par ArianeGroup, sont également en bonne voie. Sans compter que l'industrie américaine, portée par SpaceX et Rocket Lab notamment, compte plus d'une longueur d'avance.

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