Après une première partie ce week-end consacrée à la photonique pour le biomédical (Bios), le salon Photonics West ouvre ses portes ce mardi 31 janvier 2023. Comment définissez-vous la photonique ?
La photonique désigne la science de la lumière et recouvre l’ensemble des technologies qui servent à émettre, contrôler et réceptionner la lumière : les lasers, les LED, les capteurs, les cellules photovoltaïques… Dès que la lumière intervient, que ce soit dans l’éclairage ou l’optique - des verres de lunettes par exemple -, il s’agit de photonique.
Quel est le poids de cette filière en France ?
Elle représente 1150 entreprises, 20 milliards de chiffre d’affaire, 300 laboratoires, ainsi que quatre prix Nobel, dont Alain Aspect dernièrement et Gérard Mourou en 2018, récompensé pour ses travaux sur les lasers. La moitié de ces revenus est réalisée à l’export, ce qui démontre le niveau de l’expertise française.
La fédération Photonics France n’a été créée qu’en 2018. Cette filière est-elle aussi structurée que celle de l’électronique par exemple ?
Certaines structures préexistaient, telles des pôles et des clusters, mais moins organisées il est vrai. C’est le cas aujourd’hui avec notre fédération, issue de la fusion d’un ancien syndicat professionnel et de plusieurs associations, qui se révèle plus attractive. En quatre ans, le nombre d’adhérents a plus que doublé. Nous sommes devenus la grande maison de la photonique, recueillant un écho favorable de la part des institutions françaises et reconnue en Europe comme un modèle de réussite.
Quelle est l’importance de Photonics West ?
Ce salon annuel, se déroulant à San Francisco, est incontournable pour la filière. Il regroupe toute la photonique mondiale, au même titre que Laser world of photonics, qui a lieu à Munich tous les deux ans. Il y est question d’optique pure, de laser, de réalité virtuelle… de tout ce qui se réfère aux technologies de la lumière en somme, du composant jusqu’au système complet.
C’est un rendez-vous à la fois professionnel, orienté business, et scientifique, accueillant des milliers de conférenciers. Ces deux dimensions se sont rapprochées : si, historiquement, la photonique avait une application scientifique, les technologies de la lumière se sont progressivement répandues dans l’industrie pour le spatial, la mobilité, la santé…
Dans quelle mesure la France est présente sur le salon ?
Si l’on compte le pavillon opéré par l’agence Business France et les grandes entreprises disposant de leur propre stand, une cinquantaine d’acteurs français se déplacent sur le salon. Ce sont pour l’essentiel des industriels, auxquels s’ajoutent de grands organismes de recherche, comme le CEA-Leti, et des deeptechs, à l’instar de Quandela.
Avez-vous déjà identifié des tendances ?
La partie quantique, assez récente, commence à prendre de la place. Les technologiques de refroidissement et de confinement par laser sont en effet intéressantes pour cet aspect-là. Deux sujets montent actuellement en puissance : la miniaturisation des boîtiers laser pour des applications embarquées – la spectroscopie à bord de drones par exemple - et la robotisation de la production, notamment pour l’alignement des composants optiques.
Le français Leukos propose aujourd’hui des dispositifs dont le poids ne dépasse 100 grammes, dans un volume de quelques dizaines de centimètres-cube. Les français Lumibird et Oxxius sont également concernés par ces deux sujets.



