Manipuler un dé à douze faces du bout des doigts sans le faire tomber, régler l’écartement d’une clé à molette d’une seule main… ? Rien d’insurmontable pour un être humain. Mais pour un robot, aussi humanoïde soit-il, c’est une autre paire de manches. Et pourtant, la nouvelle main robotique de Sanctuary AI, dévoilée le 12 décembre dernier, fait la preuve qu’un telle adresse est devenue possible (voir vidéo ci-dessous).
Fondée en 2018 et basée à Vancouver, cette start-up canadienne projette de concevoir un robot humanoïde généraliste, à l’instar de Figure, Tesla ou encore Apptronik.Elle a déjà signé un pilote avec l’équipementier automobile Magna et un partenariat avec Microsoft pour élaborer un grand modèle d’IA pour améliorer le comportement de son robot.
Pour se distinguer, elle met cependant l’accent sur la dextérité, qui reste un point dur en robotique, malgré de nombreux progrès ces dernières années.
Dans une vidéo publiée en février dernier par exemple, on voyait Phoenix G7, le robot humanoïde de Sanctuary AI, se saisir de plusieurs objets avec ses doigts et les ranger à une vitesse comparable à celle d’un humain. Tout cela de façon autonome, indiquait le canadien.
L’IA est le cerveau guidant les gestes, mais ceux-ci requièrent des mécanismes qui ne soient pas en reste. De ce point de vue, cette nouvelle main robotique, gratifiée de 21 degrés de liberté, est une évolution qui offrirait à Phoenix G7 l’habilité nécessaire pour accomplir des tâches plus complexes dans l’industrie, selon le communiqué de Sanctuary AI.
Une très faible consommation énergétique
L’entreprise canadienne a inventé pour cela des vannes miniaturisées « plus rapides et six fois moins chères » que ce qui existe sur le marché. Elle continue donc de miser sur des actionneurs hydrauliques, la seule technologie – d’après elle - qui permettrait de combiner précision, vitesse et force.
Un choix à rebours de ce que fait la concurrence, qui opte pour des actionneurs électriques. Au printemps dernier, Boston Dynamics, longtemps partisan de l’hydraulique, avait également présenté une nouvelle version électrique de son robot Atlas.
Il est vrai que les actionneurs hydrauliques peuvent être victimes de fuites et que leur rendement énergétique est inférieur à celui des actionneurs électriques.
Cependant, le perfectionnement des vannes mises en œuvre dans cette main robotique induirait « une consommation énergétique extrêmement faible », indique le communiqué de Sanctuary AI.
Par ailleurs, ces actionneurs, durant la phase de tests, auraient supporté « plus de 2 milliards de cycles sans aucune signe de fuite ou de dégradation ». De plus en plus concurrencé par l’électrique dans les robots humanoïdes, l’hydraulique n’a pas dit son dernier mot…



