La start-up porte bien son nom. Ascendance Flight Technologies sembleprise dans un courant ascensionnel. Rien qu’en 2021, cette entreprise toulousaine de l’aviation décarbonée est parvenue à lever 10 millions d’euros, a vu son comité directeur renforcé par l’arrivée de l’ex-patron de Safran Jean-Paul Herteman et a dévoilé le nouveau design de son taxi urbain volant Atea. De quoi donner confiance à ses dirigeants, qui gardent en ligne de mire deux jalons déterminants de son calendrier : assurer une démonstration lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024 et, surtout, mettre en service son aéronef hybride électrique dès 2025.
Fondée en 2018 par d’anciens salariés d’Airbus qui avaient participé à développer l’avion électrique E-Fan, Ascendance Flight Technologies est l’un des rares – sinon le seul – acteurs français à proposer un avion à décollage et atterrissage vertical (VTOL). Le dynamisme de l’entreprise transparaît dans ses effectifs, qui devraient passer de 30 personnes aujourd’hui à près de 50 en 2022 et plus de 100 en 2023. Le taxi volant Atea, développé sur l’aérodrome en pleine reconversion de Francazal près de Toulouse, devrait bénéficier dès 2023 d’un centre d’excellence vol et sol à Muret, au sud de la ville.
Un avion qui pourra s'adapter à l'hydrogène
"Atea permettra de réduire jusqu'à 80% les émissions de CO2 par rapport à un hélicoptère, il fera quatre fois moins de bruit et aura un coût d’opération divisé par deux, assure Jean-Christophe Lambert, co-fondateur et dirigeant de la start-up. L’appareil pourra être utilisé pour le transport de personnes, mais aussi les urgences, les équipes sanitaires, la surveillance, le fret… " Ascendance Flight Technologies ne se concentre pas tant sur le petit déplacement urbain que sur le futur marché de la mobilité régionale et inter-urbaine. Un segment surtout prometteur aux Etats-Unis et en Asie.

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Ascendance Flight Technologies L'aéronef ATEA pourra transporter 5 personnes sur une distance de 400 km. Image: Ascendance Flight technologies
Avec son design revu et corrigé, Atea a amélioré ses performances en matière de décollage et d’atterrissage, mais aussi réduit son empreinte sonore, assure-t-on chez Ascendance Flight Technologies. Avec ses 8 rotors horizontaux intégrés dans deux ailes fixes et ses deux hélices verticales, l’engin de 14 mètres d’envergure est capable de transporter 5 personnes sur une distance maximale de 400 km et ce à vitesse moyenne de 200 km/h. A la fois équipé de batteries électriques et de moteurs thermiques, Atea pourra s’adapter à l’utilisation de l’hydrogène. La première campagne d’essais est prévue en janvier 2022.
Mais les ambitions d’Ascendance Flight Technologies ne s’arrêtent pas là. "Nous comptons développer toute une famille de produits, confie Jean-Christophe Lambert. Elle pourra s’adapter à n’importe quelle source d’énergie. Nous comptons aussi évoluer vers des appareils de 10 places à horizon 2030." Le modèle économique de la start-up inclut aussi la fourniture de technologies propulsives hybrides pour d’autres acteurs, un produit dénommé Sterna. "Ce pari de proposer de l’innovation dans tout ce qui touche au décollage et à l'atterrissage vertical va nous permettre de disséminer plus largement nos solutions", plaide le dirigeant.
L'absence de dynamique collective
Reste qu’Ascendance Flight Technologies, malgré sa levée de fonds record en France en matière d’avion décarboné et le soutien de Bpifrance et de la région Occitanie, déplore comme les autres projets français le manque de financement publics et privés. "Il y a en France un vrai problème en matière d’investissement dans le domaine industriel et sur des secteurs très fortement règlementés comme l'aéronautique, déplore Jean-Christophe Lambert. Les investisseurs préfèrent le monde du logiciel à l’industriel, car l'exposition financière est moins importante et le temps d'accès au marché réduit." Quand la start-up lève 10 millions, certains acteurs étrangers comme les allemands Lilium et Volocopter jonglent avec des centaines de millions d’euros.
Et le dirigeant de plaider pour un rapprochement entre grands donneurs d’ordre et start-ups pour créer une dynamique commune. "Les grands groupes et les start-ups ne doivent pas être opposés, ils sont complémentaires, assène Jean-Christophe Lambert. Les donneurs d’ordre n’ont toujours pas pris la mesure de la menace que pouvait représenter la capacité qu'ont certaines start-up américaines et asiatiques à créer une industrie de zéro, comme avec SpaceX ou Tesla. Les anglo-saxons comprennent mieux l’intérêt de travailler en écosystème, les grands groupes et start-up comprennent qu’ils ont des intérêts communs." Un état d’esprit qui permettrait en France de donner davantage de chances aux projets d’avions décarbonés…



