C'est un soulagement. Les débris de la fusée chinoise Longue Marche 5B, sont retombés dimanche 9 mai au matin à 02h24 GMT dans l'océan Indien après plusieurs jours d'incertitude sur leur point de chute. Selon les médias officiels chinois, ces restes non-consumés à leur retour dans l'atmosphère ont plongé en mer à l'ouest de l'archipel des Maldives. La Longue Marche 5B avait été lancée le 29 avril afin d’envoyer en orbite terrestre le premier élément d'une station spatiale chinoise, Tiangong-3.
Ne pas reproduire l’impact de 2020
La probabilité qu’un débris atterrisse sur une zone habitée demeurait très faible, « de moins d’une sur un million » selon Nicolas Bobrinsky, chef du département Ingénierie et Innovation à l’Agence spatiale européenne (ESA), cité dans Ouest-France. C'est pourtant ce qui s'était produit récemment, à l’occasion du deuxième tir d'une fusée Longue Marche 5B après son vol inaugural en mai 2020. Les débris avaient endommagé des bâtiments en Côte d'Ivoire mais n'avaient pas fait de victime.
Joute verbale internationale
Ce précédent explique en partie pourquoi les journaux du monde avaient à présent leurs plumes rivées sur la trajectoire de cet objet de 18 tonnes. Le commandement spatial américain a critiqué le manque de transparence de Pékin à propos de cette fusée, la plus grande jamais construite par la Chine. Il a déclaré que celle-ci était rentrée dans l'atmosphère au-dessus de la péninsule arabique mais ajoute ne pas être en mesure de préciser si les débris étaient tombés sur terre ou en mer.
De son côté, Pékin a déploré une « campagne de dénigrement » des médias occidentaux alors que la Chine rattrape son retard en matière spatiale. Sous une joute verbale se cache un conflit de longue date entre les deux grandes puissances. La chaine américaine CNN rappelle que depuis 1999, les États-Unis ont imposé des contrôles à l’exportation de la technologie satellitaire vers la Chine. En 2011, le Congrès a également adopté une loi imposant des restrictions à l'engagement de la NASA avec la Chine. Ceci explique pourquoi les astronautes chinois sont exclus de la Station Spatiale Internationale, fruit d’une collaboration entre les États-Unis, la Russie, l'Europe, le Japon et le Canada. L’ironie du sort pourrait être que la station spatiale de la Chine serait la seule à reprendre le flambeau des expériences de l’espace si l’ISS n’est pas reconduite après 2024 ou 2028. L’Agence Spatiale Chinoise avait également rappelé qu’elle ne fermait pas la porte à des partenariats internationaux pour l’élaboration sa propre station spatiale.
Roman Epitropakis pour l'Usine Nouvelle, avec Reuters (Ryan Woo, version française Tangi Salaün)



