C'est clairement dit. Bruno Le Maire souhaite que Photonis reste un actif industriel français. "(...) Je pense qu'il faut engager la discussion avec Thales pour voir si une reprise est possible", a-t-il déclaré sur le plateau de BFM Business mercredi 4 mars 2020. Il s’agit d’éviter que cette PME stratégique ne tombe entre des mains étrangères. Photonis a effet été mise en vente par son actionnaire, la société d’investissements Ardian, qui a engagé des négociations avec le groupe américain Teledyne.
C’est pour le ministre de l’Economie une question de souveraineté technologique. Cette PME d’environ un millier de salariés basée en Corrèze conçoit en effet des technologies de vision nocturne au profit des armées françaises mais également pour de nombreux pays de l’OTAN.
Elle fait partie des sociétés de la base industrielle et technologique de la Défense considérées comme stratégiques. "Nous suivons le dossier de près", précise-t-on du côté du ministère des Armées inquiet de voir passer cette société sous un pavillon non européen.
souveraineté technologique

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Le rachat par le groupe américain Teledyne n’a pas non plus la préférence de Bercy. "(…) Il y a une deuxième solution et cette deuxième solution, je peux le dire avec beaucoup de clarté, elle a ma préférence : c'est de trouver un repreneur français. Un repreneur industriel français, pour moi, ce serait la logique de souveraineté, de protection de nos technologies", a précisé Bruno Le Maire. Il a invité tous les industriels qui peuvent être concernés à examiner avec attention ce dossier:
"Je souhaite que tout le monde, pas simplement l'Etat mais aussi les entreprises industrielles, se relève les manches pour se demander si on ne peut pas trouver une solution industrielle française pour reprendre Photonis et garantir que ces technologies de visée nocturne qui sont sensibles, qui équipent l'armée française, restent françaises".
Safran pas convaincu
Toutefois il faudra convaincre les industriels concernés, en premier lieu Safran et Thales présents dans le secteur de la Défense et dans lesquels l’Etat détient une participation. Mais c’est loin d’être gagné. Il y a encore quelque mois, Safran n’était clairement pas convaincue de la pertinence d’acquérir Photonis. "Ils ne sont pas les seuls et pas les meilleurs. Je ne considère pas que Photonis constitue un caractère critique selon moi", avait précisé son directeur général Philippe Petitcolin lors d’une rencontre avec quelques journalistes en décembre dernier.
Preuve que le ministre n’est pas sûr de convaincre ses partenaires industriels, il n’exclut pas le scénario Teledyne. Il imposera toutefois ses conditions. Une telle acquisition entrerait dans le cadre du décret sur les investissements étrangers en France "avec des engagements que nous imposerions à ce repreneur américain" a précisé le patron de Bercy.



