Le toulousain Aura Aero choisit l’aéroport de Daytona pour son usine américaine d’avions hybrides

Aura Aero veut implanter une usine au niveau de l’aéroport de Daytona, aux Etats-Unis. Ce site industriel, opérationnel en 2028, se veut complémentaire de celui de Toulouse, en cours de construction. Il assurera l’assemblage de l’avion hybride électrique ERA de 19 places. La start-up toulousaine espère bénéficier de l’immense marché américain du transport régional aérien.

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Aura Aero ERA
"L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai"... Avec son avion ERA, la start-up Aura Aero fait sienne les aspirations de Joe Dassin. Mais y parviendra-t-elle?

Aura Aero a défini le lieu d’atterrissage d’un ambitieux projet d’usine aux Etats-Unis. La start-up toulousaine, à la tête de l’un des projets d’aéronefs décarbonés les plus prometteurs, a fait savoir jeudi 17 octobre qu’elle établirait son futur site industriel américain au niveau de l’aéroport international de Daytona Beach, en Floride.

Une installation de 50 000 m² dont la construction devrait débuter en 2026, en vue d'une ouverture au dernier trimestre 2028. L'usine sera dédiée à l'assemblage de l'aéronef régional de 19 places, dénommé ERA. Cet investissement d’un montant de 120 millions d’euros pourrait générer sur place plus d’un millier d’emplois. Et permettre à l'entreprise de 250 salariés aujourd’hui de déployer son avion régional hybride électrique en Amérique du Nord.

Une usine complémentaire à celle de Toulouse

Pas question pour Aura Aero de mettre au second plan son premier projet d’usine toulousaine, révélé en 2023 et prévoyant une production en série dès 2026. Avec son investissement en France s’élevant à environ 150 millions d’euros, l’entreprise table sur un effectif de 1500 personnes d’ici à 2030 avec la même capacité de production que le futur site américain (100 appareils par an). Un prochain jalon important de ce projet devrait être bientôt annoncé.

Mais en s’installant en Floride, la start-up – fondée en 2018 par des ex salariés d’Airbus et d’Assystem – cherche à accélérer sa croissance en pénétrant un marché ultra porteur.  Le marché de remplacement des appareils de 15 à 30 places, capables de parcourir 1000 km, est estimé à 5000 appareils dans le monde dans les 15 prochaines années, fait savoir un porte-parole d’Aura Aero. Et l’Amérique du Nord représente à elle seule les deux tiers de ce marché.

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La ruée vers l'air

Avec des coûts d’exploitation inférieurs aux appareils thermiques, une pleine autonomie sur une distance d’au moins 200 km et un rayon d’action de 600 km, l’ERA pourrait faire son trou aux Etats-Unis. Sur les 570 commandes et pré-commandes engrangées par la jeune entreprise, représentant un montant de 8,5 milliards d’euros, près de la moitié sont d’ailleurs issues de clients américains. C’est le cas notamment de JSX (50 commandes fermes et 100 options d’achat), Alpine Express (75 intentions d’achat) et Republic Airways, qui n’a pas précisé le nombre d’appareils commandés.

Au même titre qu’Aura Aero bénéficie d’un écosystème aérospatial sans pareil à Toulouse, l’entreprise vient se nicher aux Etats-Unis dans un environnement propice à la réalisation de ses ambitions. Terre historique de l’aventure spatiale américaine, la Floride peut s’enorgueillir d’accueillir aujourd’hui le gratin mondial de l’aéronautique, de la défense et du spatial. La start-up toulousaine va par ailleurs bénéficier d’aides pour son installation et du soutien d’investisseurs (tels que la société de courtage en assurance Brown & Brown), mais ne communique pas davantage de précisions à ce stade.

Une start-up dans le vent

En juillet dernier, Aura Aero avait dévoilé en partie sa stratégie vis-à-vis du marché américain. A savoir : son intention d’ouvrir, d’ici la fin de l’année, un hangar de 10 000 m² pour sa gamme d’avions biplaces de formation Integral au sein du parc de l’Université aéronautique Embry-Riddle, en Floride, destiné à la livraison de ces engins et au développement de leurs déclinaisons électriques. Mais aussi l’ambition, plus audacieuse encore, d’ouvrir une usine ultra moderne pour son aéronef ERA, mais sans en préciser alors la position exacte. Or ce futur site se trouve à quelques encablures de celui dédié aux plus petits avions de la start-up toulousaine.

Cette future usine devrait contribuer à la montée en puissance industrielle d’Aura Aero. «Notre ambition est de devenir une véritable ETI industrielle avec un chiffre d’affaires compris entre 1 et 2 milliards d’euros», confiait en mars 2023 à L’Usine Nouvelle, le PDG d’Aura Aero, Jérémy Caussade. Outre ces investissements, la start-up est parvenue à entraîner dans son sillage des partenaires industriels de poids, tels qu’Airbus (pour aider à la certification), Safran (au niveau de la motorisation), Thales (concernant l’avionique) et même EDF (tout juste entré au capital). Alors que plusieurs projets de petits aéronefs décarbonés battent de l’aile, Aura Aero semble encore bénéficier de vents porteurs.

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