Latitude mise déjà sur une nouvelle usine à Reims pour fabriquer son microlanceur de satellites

Latitude a reçu un soutien financier de France 2030 pour construire une nouvelle usine à Reims (Marne). Le fabricant de microlanceurs a quasiment fini le développement de sa fusée et commence la fabrication des premières pièces de sa fusée. Elle vise à terme une cadence de production d'environ 50 unités par an.
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Essais du moteur de Latitude microlanceur
En avril 2025, Latitude a réalisé avec succès le premier essai de mise à feu sous pression de la chambre de combustion du moteur de son microlanceur Zéphyr.

Bonne nouvelle pour Latitude, l’un des fabricants français de microlanceurs. La société basée à Reims a été sélectionnée pour bénéficier d’un soutien dans le cadre de l’appel à projet «Première usine» du plan France 2030. «Cela fait gagner beaucoup de temps, se réjouit Stanislas Maximin, président exécutif et co-fondateur de la société. Cela permet de financer les premières phases, d’obtenir les premiers millions d'euros qui sont nécessaires pour monter en compétence, pour éprouver les différentes technologies d'assemblage, de production, de méthode, de contrôle et d'arriver justement dès qu'il le faudra à accélérer le ramp up industriel ».

Le montant de cette aide n’a pas été communiqué, mais il constitue environ 20% de l’investissement industriel global pressenti par Latitude pour construire sa nouvelle usine. D’une superficie de 25000 m², elle sera basée à Reims comme l’usine actuelle. Elle s’appuiera sur les anciens bâtiments industriels et entrepôts laissés vacants par un acteur de la santé.

Plus agile qu'Ariane 6

Latitude fait partie de la nouvelle vague des sociétés qui conçoivent des microlanceurs en Europe. Il s’agit de fusées capables d’emporter quelques centaines de kilos de charges utiles dans l’espace. Zephyr, la fusée de Latitude qui affiche une capacité de l’ordre de 200 kilos vers l’orbite basse, doit effectuer son premier vol en 2026. Les microlanceurs se veulent plus agiles et plus réactifs que les lanceurs dits lourds comme Ariane 6 capables d’emporter une vingtaine de tonnes en orbite basse.

Parmi les concurrents de Latitude figurent les français Maiaspace, Sirius et HyPrSpace, l’espagnol PLD Space, le britannique Orbex ainsi que les allemands Rocket Factory Augsburg et HyImpulse. Cette usine permettra à la société rémoise de produire à grande cadence son futur lanceur. L’usine actuelle, essentiellement équipée de machines de prototypage, servira à fabriquer le premier exemplaire de la fusée. «Elle a une capacité de l’ordre de 3 à 5 lanceurs par an. La future usine permettra d'en assembler et d'en fabriquer 50 par an», ambitionne le dirigeant.

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Plusieurs lancements à partir de 2028

La société indique avoir quasiment terminé l’étape de développement de lanceur Zéphyr. Elle a effectué des tests moteurs au niveau de la chambre de combustion. «Les derniers tests se sont bien déroulés. D'ici à la fin de l’année, le moteur complet doit encore être testé en configuration de vol», affirme le dirigeant. En parallèle, les équipes testent et construisent les structures du lanceur comme les réservoirs mais également toute l'électronique et le software embarqué de la fusée.

Latitude revendique plusieurs clients. Parmi eux le CNES (centre national d’études spatiales), le groupe allemand Atmos Space Cargo qui lui a acheté cinq lancements par an à partir de 2028 pour faire des expérimentations dans l’espace ainsi que la société américaine Spire… Latitude indique avoir levé environ une cinquantaine de millions d’euros depuis sa création en 2019, principalement auprès d’acteur privés. Elle compte actuellement 150 salariés contre 70 fin 2024.

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