L’injection plastique au creux de la vague

La crise continue pour les constructeurs de presse à injecter et de périphériques. Espéré pour 2025, l’horizon de la reprise est désormais attendu pour 2026.  

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Le marché de l'injection plastique est toujours sous extrême tension.

Avis de tempête prolongé sur le front du marché de la presse à injecter. Les perspectives peu réjouissantes annoncées l’an dernier pour 2024 se vérifient douloureusement. “Le marché mondial est toujours sous extrême tension. Nous atteignons aujourd’hui une capacité mondiale de production comprise entre 120 000 et 150 000 machines. Mais les ventes en 2023 et 2024 avoisinent les 50 000 et nous n’entrevoyons aucune amélioration. Pour s’adapter à cette situation, les grands groupes constructeurs de presses sont contraints de réduire leurs capacités de production, d’adapter leur outil industriel. Le chômage partiel ne suffit plus et ce sont maintenant les réductions d’effectifs qui sont d’actualité”, regrette Gilles Mazzolini, président de l’ACDI, l’association des constructeurs et distributeurs de la plasturgie, et directeur général de Sumitomo Demag France. 

Manque de visibilité

Le manque de visibilité du secteur face au marasme que connaissent certains marchés comme l’automobile, couplé aux relents d’une crise sanitaire mondiale dont on sent encore certaines conséquences et à une instabilité géopolitique croissante, est patent. La longue séquence politique hexagonale qui a vu s’enchaîner l’inattendue dissolution de l’Assemblée nationale et la tardive nomination du gouvernement Barnier n'a en outre pas aidé. “Nous avons constaté une accélération de la baisse d’activité après le mois de juin. Le second semestre 2024 a été pire que le premier alors que nous attendions l’inverse. Le marché européen devrait se stabiliser cette année autour de 5 000 ou 6 000 ventes de machines au niveau européen, selon le VDMA, l'association des fabricants allemands de machines et d'équipements”, déplore Gilles Mazzolini qui estime entre 500 et 600 le nombre de presses qui auront trouvé acquéreur en France d’ici à la fin 2024. 

Espérées pour 2025, la perspective d’une timide reprise est repoussée à 2026. “Principalement du fait d’un marché automobile au plus mal et en transition, celuide l’injection risque de se rétrécir de manière durable”, craint Pascal Laborde, trésorier de l’ACDI et directeur général d’Arburg France. “Selon le VDMA, nous ne reviendrons jamais à un marché européen à plus de 10 000 presses par an”, abonde le président de l’ACDI. 

L’automobile, on l’a dit, mais également le bâtiment ou encore le luxe connaissent une conjoncture dégradée tandis que l’emballage et le médical restent plus actifs, continuant à suivre les courbes de consommation de chaque pays sans toutefois générer le développement de nouveaux produits. Le climat antiplastique que subit le premier et les règles strictes qui s’appliquent au second, notamment pour la conception et la production de dispositifs médicaux, freinent les initiatives. “Les plastiques sont utilisés dans tous les segments de marché. Quand plusieurs sont simultanément touchés, la plasturgie l’est également. Le volume de pièces injectées en Europe diminue”, indique Pascal Laborde. 

L’électrique domine le marché

Les périphériques connaissent également une tendance baissière, même si celle-ci est moins prononcée, leur acquisition demandant un budget moins conséquent.  “Aucun marché ne tire son épingle du jeu et de nombreux donneurs d’ordres ont récupéré leurs moules afin de produire en interne”, ajoute Gilles Mazzolini. Dans ce contexte, les transformateurs qui s’en sortent le mieux sont ceux qui dépendent peu ou pas de la sous-traitance et ont développé leurs produits propres. 

Sur le demi-millier de presses qui auront été vendues sur le Vieux-continent en fin d’année, entre 60 et 70 % seront électriques. L’électrification du parc poursuit sur sa lancée et a tendance à s’étendre aux plus gros tonnages. “Pour les applications standard, l’électrique a largement supplanté la technologie hydraulique. Mais cette dernière évolue également, avec des presses beaucoup moins énergivores. Le gain en termes d’efficacité énergétique s’affirme comme une tendance générale du marché”, souligne le trésorier de l’ACDI. 

Des réponses différentes

“Le marché de la presse à injecter a toujours connu des crises. Elles durent en général trois ou quatre trimestres. Cette fois, nous y sommes plongés depuis 2023 et nous n’entrevoyons pas d’éclaircie à court terme.... Il nous faut donc apporter des réponses différentes par rapport aux crises précédentes”, estime Gilles Mazzolini. Parmi elles : la modernisation des machines et un accent plus important mis sur les services. 

Face à une pénurie toujours plus forte de main d’œuvre qualifiée, de compétences et de connaissances techniques, les transformateurs demandent en effet de plus en plus de contrats de maintenance aux constructeurs d’équipements, ne disposant plus de services spécifiques en interne. “L'autre réponse réside dans l’innovation à apporter à nos prochaines générations de presses et de cellules d’injection, en lien avec la digitalisation et l’intelligence artificielle qui vont ne faire qu’accélérer. Nous allons inciter nos clients à aller vers encore plus d’automatisation, vers le zéro papier...”, confirme Pascal Laborde. Les nouveautés et produits phares que les principaux acteurs du marché européen de l’injection présentent dans les pages suivantes à l’occasion du salon Fakuma qui s’est tenu du 15 au 19 octobre à Friedrichshafen, en Allemagne, ne sont pas avares d’innovation. C’est cependant vers la K 2025 de Düsseldorf et la reprise espérée du marché à cette occasion que se concentrent aujourd’hui les constructeurs de presses.  

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