Des métropoles sans nuages de pollution, des ports industriels figés ou encore des champs abandonnés. Ces scènes symbolisent la crise du Covid-19 et elles possèdent un autre point commun : elles sont particulièrement visibles depuis l’espace. Vendredi 5 juin, l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Commission européenne ont mis en ligne un outil pour faciliter l’accès à ces précieuses données : la plate-forme RACE (pour Rapid Action Coronavirus Earth observation).
Surveiller le déconfinement depuis l’espace
Les sept satellites Sentinel permettront d’alimenter la plate-forme. Ces appareils font partie du vaste programme européen d’observation de la Terre Copernicus. D’autres acteurs publics ou privés apportent également des données à Race. On retrouve parmi eux Airbus ou l’opérateur de télécommunications britannique Vodafone.
RACE est loin d’être le premier outil qui rassemble ainsi des données satellitaires. En revanche, il a l’avantage d’être relativement facile d’utilisation. Les décideurs publics, les entreprises et les curieux peuvent y accéder gratuitement et sans inscription sur ce site qui rassemble des indicateurs sociaux, économiques et environnementaux. L’objectif : mesurer l’impact du confinement, surveiller la relance des activités pendant le déconfinement et sans doute aussi faire la promotion des programmes d’observation de la Terre.

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Le port de Dunkerque observé
Pour l’instant, peu de données sont disponibles sur la France. Au 5 juin, nous ne trouvons que des images du port de Dunkerque (Nord). “L'observation de la Terre peut contribuer de manière significative à la surveillance des marchés des matières premières, peut-on lire sur le site de la plate-forme. Les changements dans la dynamique des navires dans les ports dont les quais de débarquement sont connus pour certaines marchandises peuvent être utilisés comme indicateur des changements dans le volume de minerai stocké sur le site.”
ESA (Capture d'écran du tableau de bord RACE avec une image satellite du port de Dunkerque. Crédit : ESA)
Après un faible trafic relevé début mai, RACE constate ainsi une activité “normale” dans le port de Dunkerque au 28 mai en ce qui concerne les minerais non métalliques. D’autres activités sont observées : un site de traitement des déchets en Italie ou encore un centre commercial en Belgique où la fréquentation est mesurée à partir du nombre de voitures garées.
Des collaborations à venir avec la Nasa ?
D’autres contenus devraient arriver sur la plate-forme : les points gris sur la carte figurent les données qui doivent être publiées “prochainement”. “Pendant les mois à venir, le tableau de bord RACE va être étendu pour surveiller des sites supplémentaires en Europe”, assure Josef Aschbacher, directeur des programmes d'observation de la Terre de l'ESA. Le directeur évoque également des collaborations possibles avec la Nasa ou la Jaxa, l’agence spatiale japonaise.
“Le secteur spatial est un secteur stratégique pour l’Union européenne, tant pour notre résilience que pour notre autonomie stratégique, argumente de son côté Pierre Delsaux, directeur général adjoint à la Commission européenne à la direction générale pour l'industrie de défense et l'espace. RACE montre le rôle que le programme spatial de l’Union européenne peut jouer pour une reprise européenne durable à long terme.”



