C’est un effet collatéral de la quête d’une aviation décarbonée : les industriels sont contraints d’explorer au-delà de leur terrain de jeu habituel. Hybridation électrique, carburants durables, hydrogène… Les nouvelles sources d’énergie envisagées dans le secteur pour réduire son empreinte environnementale projettent les avionneurs et leurs partenaires vers de nouvelles contrées technologiques.
Il n’y a qu’à voir la dernière initiative lancée par Airbus pour s’en convaincre : le groupe se penche sérieusement sur l’utilisation de matériaux supraconducteurs pour améliorer l’efficacité de la propulsion électrique.
Les acteurs traditionnels auront donc tout à gagner à se rapprocher des start-ups, défrichant pour eux de nouvelles technologies. Ces acteurs vont compter dans la transition énergétique qui s’amorce, à l’image d’Aura Aero et de son futur avion régional électrique, d’Ascendance Flight Technologies qui lorgne la propulsion hybride distribuée ou bien encore de la toute jeune pousse Hycco avec ses plaques bipolaires capables d’améliorer les performances des piles à combustibles. Malgré ces exemples enthousiasmants, ces acteurs restent en France trop peu nombreux et surtout, trop peu soutenus.
Fin 2020, le cabinet de conseil en stratégie Step Consulting répertoriait quelque 60 de start-up innovant dans l’avion vert dans le monde, essentiellement dans les batteries, et seulement 7 en France. Et alors que les fonds levés s’élèveraient en tout à plus de 1,5 milliard de dollars, les start-up françaises doivent se contenter en tout de moins de 10 millions de dollars. "Les levées de fonds en France restent limitées par rapport aux autres pays innovants", notait le cabinet. Certes les grands groupes ont un rôle à jouer, mais, Covid oblige, l’heure est plutôt pour eux à la restriction budgétaire. Le new space a su réveiller l’appétit des investisseurs pour le secteur spatial. La transition énergétique du transport aérien est-elle à même de susciter le même engouement ? On l’espère.



