L'Usine Nouvelle. - De combien d’A 400M disposez-vous ?
Lieutenant-colonel Fabian. - Notre flotte monte en puissance. Nous avons reçu notre 17e appareil le 24 avril. Le contrat porte sur une flotte de 50 A 400M. Une fois que l’on commence à utiliser cet avion, il devient difficile de s’en passer.
Quels services apporte-t-il aux armées ?
L’avion soutient nos principales opérations : Chammal au Levant et Barkhane dans la bande sahélo-saharienne (BSS). Cet avion change complètement notre vision du transport aérien militaire. Il a des capacités nouvelles auxquelles nous n’étions pas habituées et nous oblige à penser différemment. À titre d’exemple, le 1er mars, nous avons réussi à faire un largage de 20 tonnes de vivres, de carburant et de munitions directement en BSS depuis la métropole. C’est une opération que nous n’imaginions même pas auparavant. L’avion est juste phénoménal.
Quelles étaient les fonctionnalités les plus attendues ?
Les armées françaises attendaient en particulier d’exploiter sa capacité à atterrir sur une piste et même sur un terrain sommairement aménagé. Que ce soit sur du sable, de la pierre, de la latérite, de l’herbe… Sur cet aspect, la satisfaction est très grande. Depuis plus de deux ans, nous procédons à des ravitaillements sur de petites pistes en Afrique, où auparavant seuls les avions de transport tactique pouvaient opérer pour respecter les contraintes de décollage et d’atterrissage. Les capacités d’aérolargage et de ravitaillement en vol offriront un panel complet des capacités dont nous pouvons avoir besoin.
Qu’en est-il des fonctions purement militaires de l’appareil ?
L’A 400M a une véritable vocation d’avion d’assaut. Le but est qu’il aille en première ligne, et c’est déjà le cas. C’est grâce à toutes les capacités tactiques qui arrivent au fur et à mesure que nous allons repousser le domaine d’utilisation de cet appareil et l’envoyer sur des zones où il y a davantage de menaces. Au Levant ou en BSS, nous nous rendons déjà sur énormément de zones où aucun autre appareil de la force ne va.
Le programme A 400M n’a pas été simple pour Airbus. Quels sont vos rapports avec l’industriel ?
Il faut relativiser les problèmes d’entrée en service de l’appareil. Cela arrive sur toutes les flottes, quel que soit l’avion. Comme dans tout programme, il y a eu des glissements de calendrier. Il était convenu avec Airbus dès l’origine que les capacités arriveraient progressivement. Aujourd’hui, nous travaillons en relation très étroite avec l’industriel, et cela se passe relativement bien, pour régler les derniers problèmes de maturité et de disponibilité.



