"Une guerre froide dans le cyberespace". S’exprimant à l’occasion du FIC (Forum international de la cybersécurité) qui se tient à Lille (Nord) du 7 au 9 septembre, Florence Parly, la ministre des Armées, n’y est pas allée de main morte pour évoquer l’évolution de la conflictualité dans le cyberespace. Plusieurs constats l’amènent à faire un tel rapprochement.
des actes de sabotage
Tout d’abord, la menace cyber en croissance mais qui reste sous le seuil de l’acte de guerre proprement dit. "Ce sont des actes d’intimidation, de renseignement, de sabotage ou de désinformation qui se situent dans la zone grise de la conflictualité" a-t-elle précisé.
Seconde similitude : "c’est le risque de morcellement du cyberespace en blocs, à l’image de la Guerre froide qui voyait s’affronter deux blocs aux idéologies irréconciliables". Selon Florence Parly, il existe deux types d’Etats dans le monde : ceux qui sont favorables à un cyberespace ouvert, sûr et pacifique et les autres. Par ailleurs, le concept de frontières continue en partie de s’appliquer dans ce domaine. La ministre a ainsi cité l’Iran, la Corée du Nord, la Chine qui ont centralisé la gestion de leurs flux numériques d’informations dès le début des années 2000.

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Face au risque d’escalade alors qu’il n’existe de téléphone rouge cyber, Florence Parly a avancé des pistes. "Nous avons bien l’intention de continuer à promouvoir un cyberespace stable, fondé sur la confiance et le respect du droit international". La France compte placer le thème de cybersécurité au coeur des priorités de la présidence française de l’Union européenne. Elle va organiser en janvier 2022 un forum rassemblant les principaux responsables de la cyberdéfense, les cyber commandeurs des 27 Etats-membres de l’Union européenne.
Des as du codage
Par ailleurs, la ministre a annoncé une intensification du recrutement de cyber combattants. Le ministère des armées va recruter 770 cybercombattants en plus des 1100 initialement prévus sur la période 2019-2025. Les armées devraient donc compter 5000 experts en cyberdéfense à cet horizon. Ces "as du codage" auront notamment pour mission de protéger les 200 000 postes de travail du ministère des Armées et de défendre les systèmes d’armes de hautes technologies comme le Rafale, le porte-avions Charles de Gaulle, les nouveaux véhicules blindés de l’armée de Terre contre les attaques numériques.
"Ces postes viendront renforcer les armées qui sont au coeur des opérations cyber, mais aussi la DGA qui oeuvre au développement de nouveaux équipement, ainsi que la DGSE", a précisé Florence Parly. Sur la période 2019-2025, les armées envisagent d’investir 1,6 milliard d’euros dans le domaine de la cyberdéfense.



