C’est un polytechnicien passé par Télécom Paris (ex-ENST), au double profil de financier, qui vient de prendre les commandes du missilier européen MBDA. « Je suis un animal bizarre », concède d’emblée Éric Béranger.
À 57 ans, l’ancien président de la start-up américaine OneWeb a remplacé Antoine Bouvier au poste de PDG début juin. Lorsqu’on lui demande si cette double compétence annonce des acquisitions pour le missilier européen, l’ancien banquier d’affaires pour la Société générale, qui a mené des négociations pour le compte d’Airbus et de ses filiales (Astrium), répond que MBDA est déjà bien doté : « Cette entreprise est un bijou de technologie et de compétences. La croissance externe, ce n’est pas ce qui remplit ma vie. » Ajoutant aussitôt : « Si ça peut avoir un sens, on regardera. »
MBDA est présent dans la plupart des programmes militaires, dont le très attendu avion de chasse du futur. Coentreprise d’Airbus, BAE Systems et Leonardo, il sera le fournisseur du Scaf franco-hispano-allemand et celui du Tempest, son concurrent anglo-italo-suédois. Et les drones ? « Des engins pilotés à distance, on en fait déjà depuis longtemps. Les nôtres ne reviennent pas, c’est tout », élude-t-il, dans une allusion aux missiles, si sophistiqués qu’ils sont presque des drones. Au-delà de la boutade, Éric Béranger défend l’idée que MBDA fournira un atout à ses clients en concevant des systèmes, des ensembles comprenant bien sûr une munition et son propulseur, mais aussi des « effecteurs », c’est-à-dire des engins servant à brouiller les systèmes de défense, ou des armes laser, ou des leurres... «L’intelligence artificielle apportera des solutions », ajoute-t-il.
Éric Béranger prend la tête d’un « groupe plurinational », dit-il, de 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et 12 000 collaborateurs, dont 5 000 en France répartis entre le siège du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et les sites industriels du centre de la France.



