Nouvelle étape majeure pour Airbus en Chine. Après avoir ouvert à Tianjin une ligne d’assemblage d‘A320 en 2008 et un centre de finition en 2017, l’avionneur européen s’apprête à démarrer une nouvelle activité. Airbus a annoncé mardi 18 janvier qu’il ouvrirait à Chengdu (Sichuan), dès la fin 2023, un centre dédié à la maintenance et au recyclage des avions. «Cet investissement de plusieurs centaines de millions d’euros représentera à l’horizon 2030 environ 300 emplois», précise Wolfgang Kortas, chef de projet cycle de vie des avions au sein d’Airbus.
Le futur site chinois s’étendra sur 690 000 m² et aura une capacité de stockage de 125 avions. Airbus n’a pas choisi la Chine par hasard : le premier marché aéronautique mondial promet de générer une forte demande en maintenance et démantèlement. «Nous estimons qu’il y aura un besoin de stocker entre 250 et 300 avions en Chine d’ici 2030 et autant pour les autres pays asiatiques», détaille Wolfgang Kortas. La Chine représente une flotte de quelque 3800 avions en service, environ autant que le reste de l’Asie. Dans le détail, Airbus compte s’atteler d’abord aux A320, puis aux A330 et ensuite aux Boeing 737 et 777.
C’est l’autre pendant de l’avion « vert », souvent oublié face aux immenses enjeux énergétiques : la possibilité d’offrir une deuxième vie aux appareils. Si la modernisation, la maintenance, le réaménagement pour une nouvelle compagnie aérienne et la transformation en avion cargo constitueront 75% du sort des avions du site chinois, les autres appareils seront amenés à être démantelés voire recyclés et vendus en pièces détachées… Des activités qu’Airbus développe via Tarmac Aerosave, dont il est actionnaire avec Safran et Suez, mais aussi à travers sa filiale Satair, spécialisée dans la vente de pièces détachées issues d’anciens avions.
Chengdu, coeur de l'aéronautique chinoise

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Airbus a justement mis à contribution ces deux entités dans le cadre de cet investissement en Chine,qui a fait l’objet pour l’heure d’un protocole d’accord avec la ville de Chengdu devant être signé mi-2022. Pourquoi ne pas avoir opté pour Tianjin, où Airbus est déjà bien implanté ? «Chengdu est un nœud logistique majeur, au centre de la Chine, répond Wolfgang Kortas. La ville possède deux aéroports internationaux ainsi que tout un écosystème dédié à la maintenance aéronautique où l’on trouve des emplois de haute qualification.» C’est aussi dans cette ville que se trouve Comac, l’avionneur chinois.
Cet investissement témoigne de la maturité industrielle acquise en Chine par Airbus, qui s’est implanté dans le pays en 1994 et y emploie aujourd’hui plus de 3000 personnes au travers des ses différentes activités. Une stratégie de long terme qui a permis au groupe de dépasser Boeing en parts de marché dans le courant de la décennie 2010. L’Asie représentant environ 30% des livraisons de l’avionneur, contre 17% pour l’Europe et 16% pour l’Amérique du Nord, le choix de cette implantation n’étonne guère. Alors qu’Airbus estime le besoin du transport aérien à 39 000 nouveaux avions d’ici 2040, la Chine représente à elle-seule 8220 futurs appareils. Le marché du démantèlement, poussé par les besoins de renouvellement de flottes, promet d’exploser dans les prochaines années...



