Le gouvernement doit révéler mardi 9 juin son plan de relance pour l’aéronautique, une filière heurtée de plein fouet par la pandémie de Covid-19. Dimanche 7 juin, le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebarri a dévoilé sur LCI les contours du projet. Il a ainsi décrit un soutien de “plusieurs milliards d’euros sur une durée assez longue”.
Des contreparties sur l'emploi et l'environnement
Le secrétaire d’État a parlé de “différents fonds de soutien” pour “se prémunir de stratégies commerciales hostiles” alors que les acteurs du secteur en difficulté suscitent déjà l’intérêt des entreprises chinoises. Sur le modèle du plan de relance pour le secteur automobile, les aides aux avionneurs devraient inclure des contreparties sur la localisation des emplois en France et l’environnement.
"Cela veut dire que des groupes comme Airbus, Safran ou Thales soient en capacité de produire en 2027 l'avion hybride, en 2035 l'avion ‘vert’ : c'est l'enjeu industriel des dix prochaines années et cela nécessite d'investir beaucoup maintenant pour être devant les Chinois, devant les Américains, dans dix ans", a déclaré le secrétaire d’État.
L'aéronautique à son plus haut niveau avant la crise
La crise du Covid-19 heurte le secteur aéronautique alors qu'il n'avait jamais atteint de tels sommets. Avec un chiffre d'affaires consolidé de 51,5 milliards d'euros en 2018, la filière aéronautique et spatiale française affichait des résultats en hausse pour la dixième année consécutive, selon les chiffres de Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS).
Malgré un ralentissement des commandes entre 2017 et 2018, le secteur pouvait s'appuyer sur de solides résultats à l'international, représentant 85% de son chiffre d'affaires total.
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GIFAS Un chiffre d'affaires en hausse continue depuis dix ans
Les revenus de la filière aéronautique et spatiale n'ont cessé d'augmenter depuis 2008. En dix ans, ils ont bondi de 89%. En 2018, le chiffre d'affaires consolidé de l'industrie aéronautique et spatiale établissait un nouveau record à 51,5 milliards d'euros, en hausse de 2% par rapport à 2017. De 2011 à 2017, le secteur a connu sa plus forte augmentation, passant de 28,1 à 50,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Si le chiffre d'affaires de l'industrie spatiale a connu un léger repli, entre 2017 et 2018, pour la deuxième année consécutive, s'établissant à 7,6 milliards d'euros contre 7,9 milliards en 2017 (-4,12%), celui de l'aéronautique civile – source principale de revenus pour la filière (77%) – a augmenté de 3,26%. Le pan militaire, qui représente 23% du chiffre d'affaires global, a lui aussi connu un retrait, à -7,14%.
L'exportation, un pilier de la filière de l'industrie aéronautique
En 2018, le secteur était pour la septième année consécutive le premier contributeur au solde positif du commerce extérieur de la France. Avec 44 milliards d'euros, le chiffre d'affaires des livraisons réalisées à l'international représentait 85% du chiffre d'affaires global (51,5 milliards d'euros) de la filière en 2018. Un chiffre stable par rapport à 2017 (43,3 milliards d'euros de livraison pour un chiffre d'affaires de 50,5 milliards). Le secteur pouvait ainsi se vanter d'une balance commerciale positive depuis dix ans. En 2018, celle-ci s'établissait à 34,1 milliards d'euros, en léger repli par rapport à 2017 (34,7 milliards d'euros), mais multipliée par deux depuis 2008 (17,9 milliards d'euros).
GIFAS En 2018, le volume des commandes représentait 58,2 milliards d'euros, un chiffre en net repli (-17%) par rapport à 2017 (68,3 milliards d'euros), et ce, pour la troisième année consécutive (en 2015, la France enregistrait un volume de commandes record à 79,8 milliards d'euros). Une baisse qui a touché les commandes d'appareils civils (-28%) et les exportations (-46%) entre 2017 et 2018, tandis que les commandes d'appareils militaires ont crû de 33% et le marché national de 27%.
En 2018, 72% des commandes concernaient l'aéronautique civile et 28% le secteur militaire (respectivement 84% et 16% en 2017). Enfin, l'Europe et l'Amérique du Nord ont concentré à elles seules 52,7% des commandes mondiales de l'industrie aéronautique française.
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GIFAS Pour autant, en 2019, le grand avionneur européen, Airbus, détenu à 11% par l'Etat français, enregistrait pour la troisième année consécutive un nombre de commandes record, avec 1 131 commandes en 2019, dont 768 commandes nettes, surpassant son concurrent direct, l'américain Boeing. L'avionneur établissait également un nombre de livraisons historique, à plus de 863 appareils (800 en 2018, 718 en 2017).
Des effectifs en hausse dans tous les secteurs
La France, grâce à son héritage historique dans le domaine aéronautique, concentre à elle seule 30% des emplois européens de l'industrie aéronautique et spatiale. La profession a engagé 56 000 personnes entre 2003 et 2018, soit un tiers de ses effectifs.
En 2018, le secteur embauchait 195 000 personnes, dont 180 000 dans l'aéronautique et 15 000 dans le spatial. Avec 15 000 embauches au cours de l'année, les recrutements avaient alors progressé de 2%, créant 4 000 emplois nets. La profession comportait 25% d'ouvriers, 32% d'employés/techniciens et agents de maîtrise et 43% d'ingénieurs et de cadres.
Une hausse continue des effectifs depuis 2008, avec en moyenne, 12 000 recrutements par an.
GIFAS Deux régions concentrent plus de la moitié des effectifs en France métropolitaine
Deux régions concentrent 57% des effectifs de la filière en France métropolitaine: l'Ile-de-France 30% et l'Occitanie 27%. Toulouse et ses environs constituent le bassin historique et siège opérationnel d'Airbus, qui y emploie sur six sites de production 26 000 personnes, soit 20% de ses effectifs mondiaux. Airbus y dispose ainsi de la plus grande usine de France (700 hectares), dédiée à ses branches commerciale, aérospatiale et militaire. De manière générale, on estime que la filière emploie 90 000 personnes, en comptabilisant la sous-traitance, dans la région Occitanie.
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