Une fois n’est pas coutume. L’analyse des données du dernier vol de la fusée Vega (VV17) a été très rapide et moins de 24 heures après l’échec survenu dans la nuit du 16 au 17 novembre, les experts commencent à comprendre pourquoi la fusée européenne n’a pas rempli correctement sa mission. La fusée devait mettre en orbite deux satellites : Taranis pour le CNES destiné à l’étude des phénomènes électromagnétiques radiatifs et lumineux, et SEOSAT-Ingenio pour le compte du centre espagnol pour le développement des technologies industrielles.
Une série d'erreurs humaines
Les données de vol montrent que les trois premiers étages ont correctement fonctionné jusqu’à l’allumage du quatrième étage AVUM, huit minutes après le décollage. "Sur la base des premières investigations, conduites cette nuit avec les données disponibles, un problème lié à l'intégration du système d'activation de la tuyère du quatrième étage AVUM est la cause la plus probable à l’origine de la perte du contrôle du lanceur", indique le communiqué de presse diffusé le 17 novembre par Arianespace. Le document précise que le lanceur est retombé dans une zone proche de la zone prévue pour l’étage Zefiro 9 et totalement inhabitée.
“La défaillance a ses origines dans les process de production et de qualité et une série d’erreurs humaines", a souligné le directeur technique et qualité d’Arianespace à l’occasion d’une conférence de presse téléphonique ce même jour.

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Deux échecs, deux raisons différentes
Stéphane Israël, le président exécutif d’Arianespace a tenu à distinguer cet échec du précédent survenu en juillet 2019. "Nous sommes dans une situation qui n’a rien à voir avec le précédent échec. Cet échec était lié à une faiblesse de design. Cela avait pris du temps pour comprendre ce qui s’était passé. Nous l’avons compris et nous l’avons corrigé", a-t-il précisé.
En écartant une erreur de design touchant le lanceur, Arianespace peut espérer un retour en vol plus rapidement de la fusée Vega. Il est plus facile et rapide de corriger des erreurs sur les process industriels que de trouver et de corriger des erreurs de design et de faire valider les modifications. Suite à son premier échec en juillet 2019, il avait fallu plus de deux mois pour trouver l’origine de la défaillance et globalement un an à Arianespace et Avio, le maître d’œuvre industriel italien pour corriger le tir. "Nous allons revisiter tous nos process pour mieux comprendre pourquoi cette erreur d'intégration n'a pas été corrigée", a encore indiqué Stéphane Israël
Arianespace et l’Agence spatiale européenne (ESA) annoncent la mise en place prochaine d’une commission d’enquête indépendante présidée par Daniel Neuenschwander, directeur du transport spatial à l’ESA et Stéphane Israël, président exécutif d’Arianespace. Elle sera également également aux clients de la mission et aux fabricants des satellites.



