«Nous avons toujours été une entreprise qui accorde beaucoup d'importance à la souveraineté et à l'indépendance industrielle, affirme Alexandrine Charonnat, directrice générale de Le Lorrain Hampiaux. Quand nos politiques font appel à l'industrie, nous voulons répondre présent : c’est d’abord un sujet d’engagement envers notre pays.» Fondée à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la PME installée à Heillecourt, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), souhaite répondre aux appels du gouvernement à renforcer l’économie de guerre française en faisant appel aux industriels des secteurs civils.
2,5 millions de pièces détachées produites par an
Le spécialiste des chalumeaux et des détendeurs à gaz vend déjà une partie de ses outils à l’armée française. Il entend maintenir cette production, mais pas seulement. «Nous pourrions également travailler ensemble pour produire de nouvelles pièces ou équipements pour la défense», appuie la cheffe d’entreprise. Le Lorrain pourrait ainsi mettre à disposition sa vingtaine de tours automatisés, qui permettent de produire par décolletage des pièces, dont la forme peut être adaptée. L’usine consomme actuellement environ 200 tonnes de laiton et de cuivre par an, et produit environ 2,5 millions de pièces détachées, dont 60000 détendeurs, et 40000 chalumeaux.
L’entreprise meurthoise entend faire valoir d’autres atouts : sa maîtrise technique et de sa chaîne de fabrication. «Dans une économie de guerre, il y a une nécessité de production rapide et efficace, observe la dirigeante. Nous avons cette capacité parce que nous avons tout sous la main, du savoir-faire de nos employés jusqu'aux machines en passant par la matière première.» L’entreprise a ainsi gardé l’intégralité de sa production en France depuis plus 80 ans d’existence, lorsque sa concurrence a souvent fait le choix de se délocaliser en Europe de l’Est ou en Asie.
Améliorer la traçabilité
Pour rentrer dans les réseaux d'industriels de la Direction générale de l’armement (DGA), une partie du chemin reste à faire. «La motivation, est là, c'est clair, pose Alexandrine Charonnat. Nous avons donc étudié quels agréments et certifications il nous manquerait pour valider techniquement notre capacité à répondre aux exigences de la défense.» Un point à améliorer en particulier a été identifié par le bureau d’étude de la PME : la traçabilité. «Nous avons encore une petite marche à monter mais nous n’en sommes pas loin», assure-t-elle néanmoins, confiante dans l’expérience de l’entreprise qu'elle dirige depuis 2020. Le Lorrain produit déjà des pièces pour l’industrie lourde, le naval, l’aéronautique ou le nucléaire.

- 17093.18-0.23
Mars 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 109.77+0.68
6 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
Sublimanie - L'oeil d'un instant Le Lorrain produit des équipements utilisés par l'aéronautique et le naval mais aussi par les secteur du médical ou de l'agroalimentaire. /©SUBLIMANIE
A ce stade, cette possibilité de produire pour les besoins de la défense française n’est pas intégrée à proprement parler dans la stratégie de diversification de l’entreprise, mais simplement envisagée comme une réponse ponctuelle à l’économie de guerre. «Bien sûr qu'il faudra que cela soit profitable à l'entreprise, comme tout ce que nous faisons, mais la motivation première ne vient pas d’un sujet business», assure Alexandrine Charonnat, sans fermer la porte pour autant : «Une fois lancés dans une activité, nous répondrons volontiers aux besoins s’ils se maintiennent.»
Encore au début de sa réflexion en mars, la société meurthoise entrera en contact ou non avec le réseau de la défense en fonction des moyens à déployer pour atteindre les exigences requises. Le Lorrain se donne jusqu’à l’été 2025 pour trancher. Un délai court, car «l’idée n’est pas de savoir si nous pouvons répondre à ce besoin dans dix ans, mais rapidement», émet la directrice générale.



