Le plus français des acteurs aéronautiques américains compte bien renforcer sa présence hexagonale. Collins Aerospace compte investir 400 millions d’euros d’ici à cinq ans, soit un rythme annuel moyen de 80 millions d’euros. Un montant dévoilé lundi 11 juillet dans le cadre de « Choose France », un événement de promotion de l’attractivité de la France piloté par l’Elysée. Pas de nouvel investissement majeur en vue, mais une montée en puissance de cette division du géant américain Raytheon Technologies qui emploie 3 300 personnes sur ses onze sites français.
« Aujourd’hui, plus de 60% de sa production en France est exportée dans le monde, créant plus de 10 000 emplois indirects au travers de sa chaîne d’approvisionnement en France », a fait savoir le groupe dans une note transmise à l’Elysée. Si l’entreprise ne se frotte pas à pronostiquer le nombre d’emplois qui découleront des investissements à venir pour les cinq prochaines années, elle précise en revanche avoir déjà annoncé la création de 200 emplois en France depuis le début de l’année. Secouée ces dernières années par la forte baisse de régime provoquée par la pandémie de Covid-19, Collins Aerospace mise en particulier sur la décarbonation de l'aviation pour renforcer son empreinte industrielle française.
En quoi va consister cet investissement ? Il reprend pour bonne part des projets annoncés ces derniers mois par l’entreprise. Il concernera notamment les sites de Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) et de Saint-Marcel (Eure), qui ont été restructurés en raison de la crise. En avril 2022, l’entreprise a annoncé qu’elle allait investir plus de 16 millions d’euros sur quatre ans – aidée pour moitié de ce montant par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) – afin de produire des actionneurs de nouvelle génération pour les avions commerciaux et les hélicoptères, électriques plutôt qu'hydrauliques. Le site de Saint-Marcel va en outre être doté d’une nouvelle ligne de traitement de surface répondant aux exigences du règlement européen Reach.
Exporter les technologies « made in France »
Autre investissement majeur : un centre d’excellence pour hélices d’avion sur son site de Figeac (Lot), au sein de Ratier Figeac, qui fournit entre autres l’Airbus A440M et les Lockheed C-130H. Un investissement de 32 millions d’euros décidé en 2019 et maintenu malgré la crise. Inauguré en octobre 2021, ce centre aura pour tâche de développer les hélices du futur. « Il s’agit de se donner les moyens techniques et industriels de développer et de produire les hélices de demain, encore plus efficaces, plus silencieuses et confortables, quel que soit le type d’énergie motrice », expliquait alors à L’Usine Nouvelle Jean-François Chanut, président de Ratier-Figeac.
L'équipementier L'Hotellier, spécialisé dans les systèmes de protection incendie, appartenant à Collins Aerospace et implanté à Antony (Hauts-de-Seine), va lui aussi bénéficier d’investissements. Tout comme le site de Blagnac (Haute-Garonne), dédié aux technologies liées à la connectivité des avions, participant à optimiser les trajectoires des appareils. « Les investissements prévus vont également permettre à Collins Aerospace de contribuer à l’exportation des technologies "made in France" vers des programmes aéronautiques et de défense américains et internationaux, comme le système de recherche et sauvetage pour l’hélicoptère NH90 au Moyen-Orient », précise le groupe.



