La France devrait bientôt compter un nouvel acteur de poids dans le très convoité secteur des drones. Son nom ? Tekever, une entreprise portugaise encore peu connue mais qui veut s'imposer dans le paysage industriel hexagonal. Cette société a en effet annoncé dans le cadre de l'initative Choose France, lundi 19 mai, qu’elle prévoyait d’investir 100 millions d’euros en France dans les cinq prochaines années. Elle vise une centaine d’embauches d’ici à 2027. De quoi contribuer au rattrapage de la France en la matière, en particulier pour les usages militaires.
Pour l’heure, les contours de l’investissement en France de Tekever, licorne créée en 2001, ne sont pas encore totalement dessinés. Il pourrait porter aussi bien sur les activités de R&D, d’ingénierie et d’assemblage de drones. Seule certitude : l'entreprise investira prioritairement en Occitanie, où la société est implantée depuis 2024 avec une équipe de 10 personnes, et en Nouvelle-Aquitaine. «Nous sommes en train d’étudier différentes possibilités dans ces deux régions, détaille à L’Usine Nouvelle Nadia Maaref, la directrice de Tekever France. Ces deux territoires constituent des bassins riches en talents dans nos domaines d’activités et représentent des écosystèmes industriels, académiques et technologiques majeurs.»
Une licorne de Lisbonne
Aujourd’hui, le site toulousain de Tekever est spécialisé dans une activité minoritaire au sein de l’entreprise, le spatial. Celle-ci développe des systèmes de communications entre satellites. En misant sur la case France pour son activité phare dans le domaine des drones, la société – basée à Lisbonne – complète ainsi son empreinte industrielle. Car elle possède deux sites de production au Portugal ainsi que deux autres en Grande-Bretagne depuis 2024. «Notre ambition est de nous rapprocher du décideur étatique numéro un en Europe, la France, affirme Nadia Maaref. Le président de la République Emmanuel Macron a impulsé un leadership dans le domaine de la défense européenne, raison pour laquelle nous nous positionnons en avance de phase en annonçant cet investissement».
Fondée par des informaticiens et des experts en intelligence artificielle (IA), Tekever s’est tourné en 2010 vers le marché des drones autonomes, avant tout civils. Elle a mis au point une famille de trois engins d’observation et de surveillance : l’AR3 (3,5 m d’envergure et 16h d’autonomie), l’AR4 (2,1 m d’envergure et 2h d’autonomie), et le plus imposant, l’AR5 (7,3 mètres d’envergure et 20h d’autonomie). Des engins que l’entreprise lisboète muscle à grands renforts d’algorithmes d’IA pour améliorer leurs capacités de détection et de navigation. Elle propose aussi un outil de traitement de données temps réel ou historiques, Tekever Atlas.

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Une gamme de drones boosté à l'IA
Une stratégie payante pour cet acteur s'estimant pan-européen, comme le prouve son envolée industrielle ces dernières années : depuis 2016, la société fournit par exemple ses drones et services associés à l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM). «Nous avons déployé l’AR5 auprès de plusieurs pays, comme le Portugal, l’Italie, l’Espagne et la France, ajoute Nadia Maaref. Des drones vont être déployés en mer Baltique cet été.» En 2019, Tekever tape dans l’œil du ministère de l’Intérieur britannique pour assurer la surveillance de la Manche, dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale. L’entreprise a récemment annoncé qu’elle comptait investir environ 475 millions d’euros en Grande-Bretagne et créer un millier d’emplois sur cinq ans.
Le conflit en Ukraine a marqué un tournant dans la stratégie de l’entreprise, qui accélère donc sa présence dans le militaire. «Nous vendons nos drones à l’Ukraine, mais pas les services associés», confie Nadia Maaref. Si Tekever ne dévoile pas le montant de son chiffre d’affaires, l’entreprise assure employer aujourd’hui environ un millier de personnes. Et bénéficie d’une dynamique très positive : elle vise la production de quelque 250 drones en 2025, le double du volume de 2024. Tekever a effectué une levée de fonds début mai mais n’en a pas dévoilé encore le montant. La France va devenir quoi qu'il en soit l'une de ses bases industrielles.



