Chez Thales, les syndicats dénoncent des pressions pour la reprise du travail sur des activités non critiques

Quatre organisations syndicales représentatives du groupe Thales jugent irresponsable et incohérente la relance de certaines activités industrielles non vitales et non critiques pour la nation. Elles appellent le groupe à les revoir à la baisse et à les décaler dans le temps.

Réservé aux abonnés
_DSC3926
Selon les syndicats, les plans de continuité des activités se sont transformés en plan de reprise progressive des activités, y compris sur des activités non critiques pour le pays.

Les organisations syndicales montent au créneau chez Thales. CFDT, CFE-CGC, CFTC, et CGT observent depuis le 30 mars des pressions dans les établissements du groupe pour remettre en route l’outil de production sur des activités non critiques et non vitales pour le pays. Des pressions selon eux en opposition avec la volonté affichée du groupe de participer à l’effort national de non propagation du COVID-19 et de baisse du taux de mortalité lié à la pandémie. "C’est ainsi que les plans de continuité des activités se sont transformés en plan de reprise progressive des activités avant même que le gouvernement évoque la fin du confinement", dénoncent les quatre organisations syndicales dans un communiqué diffusé le 7 avril.

Les syndicats avaient fait part par courrier de leur inquiétude à leur direction  le 1er avril dernier. Ils rappelaient le contenu d’un accord signé quelques jours plus tôt (le 26 mars dernier) et dénonçaient ces initiatives de reprise du travail sur des activités non critiques, qualifiées d’incohérentes et d’irresponsables. "Si vous maintenez ce cap, vous, Thales, prenez la responsabilité d’exposer les salariés et leur famille. Ceci est incohérent voire irresponsable. Les relances d’activités progressives et la montée en phase, doivent être revues à la baisse et décalées dans le temps et rester conformes à l’accord Groupe, c’est-à-dire ne concerner que les activités critiques et vitales", avertissaient les syndicats. L’accord signé avec le groupe portait justement sur les mesures à mettre en place dans les entreprises du groupe pour faire face à l’épidémie de Covid19.

fabrication de détecteurs pour l'imagerie médicale

Il stipulait que seules les activités critiques et vitales devaient être maintenues après avoir mis en place toutes les mesures sanitaires de protection pour les salariés devant se rendre sur leur lieu de travail. Parmi ces activités : la fabrication de détecteurs pour l’imagerie médicale très utilisée dans la lutte contre ce virus, ou de sécurité comme le maintien opérationnel des hélicoptères de la protection civile.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

L’accord stipule encore que le télétravail doit être privilégié au maximum. Les salariés ont également accepté des mesures exceptionnelles permettant de prendre par anticipation les reliquats de congés payés et de jours de RTT.

Dans un communiqué diffusé le même jour mais antérieurement à celui des syndicats, le groupe Thales a annoncé la mise en oeuvre d’un plan global d’adaptation à la crise. Outre des mesure financières comme la suppression du dividende aux actionnaires, Thales reconnaissait que cette crise "perturbe actuellement de manière importante les chaînes de production et l’exécution des projets". Par ailleurs, le groupe souligne avoir mis en place des conditions sanitaires assurant la protection de la santé de ses collaborateurs (organisation en équipes distinctes, adaptation des postes de travail pour faciliter la distanciation, nettoyage et désinfection, recours au télétravail…)

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.