Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) d’Airbus pourrait-il aboutir in fine à l’absence de licenciements secs ? C’est ce qu’espèrent les syndicats de l’avionneur, alors que des accords ont été signés lundi 12 octobre avec la direction. Un pari qui n’est pas gagné d’avance, alors qu’Airbus compte supprimer en France 4 248 postes, sans parler de sa filiale Stelia (704 postes) et d’ATR, société commune avec l’italien Leonardo (19 postes).
Reste qu’Airbus, dont l’activité dans l’aviation commerciale est en baisse d’environ 40% en raison de la chute du trafic aérien, joue la prudence : sollicité par L’Usine Nouvelle, il ne confirme ni n’infirme le scénario du "zéro licenciement". Alors que le groupe envisage de supprimer 15 000 postes dans le monde, son président exécutif, Guillaume Faury, a d’ailleurs rappelé mi-septembre qu’il n’excluait pas la possibilité de recourir à des départs contraints.
Un panel de leviers
"Dans le cadre des accords signés ce jour avec ses partenaires sociaux en France, Airbus a convenu de réaliser des points d'étape, notamment en décembre 2020 et février 2021, afin d'évaluer l'impact de toutes les mesures mises en place pour limiter autant que possible les départs contraints dans le cadre du plan d'adaptation en cours, explique le groupe dans un communiqué publié ce 12 octobre dans la soirée. Des décisions seront prises en mars 2021 afin de définir la conduite à tenir dans l'hypothèse où ces mesures n'auraient pas totalement porté leurs fruits."

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Dans le détail, le premier accord signé entre les syndicats et la direction concerne le dispositif d’Activité Partielle de Longue Durée (APLD), levier mis en avant dans la plupart des PSE en cours dans la filière aéronautique. "Nous allons pouvoir sauver non plus 1300 postes mais 1500 postes désormais", chiffre Françoise Vallin, coordinatrice CFE-CGC au sein du groupe.
Le premier accord est également lié aux aides du CORAC (Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile), doté d’un fonds de soutien de 1,5 milliard d’euros sur trois dans le cadre du plan de relance de la filière pour développer un avion "vert". Ce levier pourrait sauver au final 600 emplois, et non plus 400 comme prévus initialement.
Un effort côté direction
Quant au second accord, il touche aux départs volontaires et en préretraite (DCAA), dont pourraient bénéficier 1000 salariés, contre 600 initialement. Les départs pour création d’entreprises vont également être encouragés. "La direction a finalement accepté de mettre plus d’argent et de temps dans le cadre de ce PSE", résume Françoise Vallin. Des points d’étape interviendront fin décembre et fin février, avant une clôture des négociations prévue fin mars.
Si FO n’hésite pas à affirmer que le PSE s’effectuera sans aucun licenciement, la CFE-CGC est plus nuancée. "C’est désormais dans le domaine du probable", affirme Françoise Vallin, qui regrette toutefois que l’APLD s’adresse uniquement à l’activité de production, et non pas aux fonctions supports comme le service clients. Courant septembre, la CFTC disait encore craindre la suppression de 200 à 300 postes. Les nouveaux accords signés donnent aux syndicats l’espoir d’un PSE sans casse sociale.



