Nouvelle méthode pour la Direction générale de l’armement. La DGA a signé, ce mardi 17 juin au salon du Bourget, une batterie de conventions de subventions avec cinq industriels. Cette aide doit soutenir les dépenses de ces entreprises afin de développer chacune un drone Male (Moyenne altitude, longue endurance).
Loin des mini-drones kamikazes déployés en Ukraine, ces grands drones visent à remplir des missions de reconnaissance et de renseignement de longue durée – un segment sur lequel les constructeurs européens sont en retard. «Personne en Europe n’est en mesure de concurrencer des acteurs américains tels que General Atomics», observe Jérémy Caussade, co-fondateur de l’avionneur toulousain Aura Aero.
Cinq avionneurs lancés dans la course au drone
Pour lancer l’industrie française dans les drones Male, la DGA table sur les aides financières. Les cinq sociétés se partagent une enveloppe totale d’une dizaine de millions d’euros de subventions échelonnées. Objectif : réaliser un vol de démonstration d’ici à fin 2026 en vue de premières commandes en 2027 pour le projet sélectionné.
Sur la grille de départ figurent le toulousain Aura Aero, le groupe familial Daher, la jeune pousse réunionnaise Fly-R, la PME du Doubs SE Aviation et le groupe Turgis & Gaillard. Le coup de pouce financier de l’Etat demeure bien relatif : Turgis & Gaillard a déjà investi entre 15 et 20 millions d’euros dans le développement de son drone Male – pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 75 millions d'euros.

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Premier démonstrateur dans le ciel en 2026
Surtout, le calendrier est serré : les industriels ont désormais moins de deux ans pour faire voler un premier démonstrateur. Une gageure alors que le groupe Turgis & Gaillard, favori de la course, a mis trois ans pour effectuer les essais au sol de son drone Male Aarok. De son côté, l’Eurodrone, un drone Male de combat lancé par l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, a été lancé il y a plus de dix ans et ne sera pas livré avant 2029.
Les cinq concurrents possèdent toutefois une base industrielle pour développer ces grands drones militaires. Hybridation électrique, commandes de vol électriques, voilure en carbone ou encore automatisation des process industriels… «Les briques technologiques que nous avons développées pour notre gamme d’appareils civils pourront être en grande partie réutilisées pour ce drone de type Male», explique Jérémy Caussade, co-fondateur d’Aura Aero.
Le jeune constructeur toulousain a obtenu, fin 2024, la certification de l’Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) pour son biplace Integral R. «Si nous savons faire certifier des appareils biplaces, il est tout à fait concevable de faire certifier des appareils sans pilote. Nous avons les capacités de design, de développement, de prototypage et de production nécessaires», explique Jérémy Caussade. Le fabricant a dévoilé une maquette à échelle 1 de son drone Male baptisé «Enbata» au salon du Bourget.
De son côté, le groupe Turgis & Gaillard bénéficie déjà d’une importante avance avec son drone Male «Aarok», développé sur fonds propres. L’aéronef a effectué ses premiers essais au sol mi-février. Avec des dimensions proches d’un planeur pour 5,5 tonnes, l'appareil doit être capable de voler à moyenne altitude avec une autonomie pouvant atteindre jusqu’à 24 heures. «Cette subvention va nous aider à passer à l’étape de dronisation. Pour le moment, nous passons par un pilote d’essai [présent dans l’avion, NDLR] pour obtenir la certification civil de notre avion», explique Fanny Turgis, cofondatrice du groupe Turgis et Gaillard.
Guilhem Bernes et Olivier James, au Salon du Bourget



