La PME française Photonis ne sera pas la 64e acquisition de l’ogre américain Teledyne toujours à la recherche de pépites technologiques pour étoffer son portefeuille de produits. Bercy en a décidé autrement. Dans un courrier envoyé le 31 mars à la SEC, le gendarme de la bourse américaine, le groupe américain précise avoir verbalement était notifié par le service en charge du contrôle des investissements étrangers en France du refus du ministère français de l’économie et des finances pour l’acquisition de Photonis. "Teledyne attend une réponse écrite du ministère", précise encore ce courrier.
Déjà 3,6 milliards de dollars d'acquisition
Autre intérêt de cette lettre, elle dévoile officiellement le montant mis sur la table par Teledyne pour acquérir Photonis. Le groupe américain était prêt à casser sa tirelire et verser 550 millions de dollars soit presque 510 millions d’euros pour acquérir la PME française de près de 1000 salariés.
Le groupe américain est un ogre technologique enchaîne les acquisitions. Il revendique déjà 63 rachats depuis 2001 pour un montant global de 3,6 milliards de dollars. Il cible des PME technologiques dans les domaines de l’instrumentation électronique, l’imagerie digitale, l’électronique de défense…

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Fournisseur des armées et du projet Megajoule
Début mars, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, avait justifié ce veto considérant que Photonis était une PME stratégique pour les armées. Implantée à Brive en Corrèze, cette ETI d’environ 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, développe des technologies de pointe. Elle conçoit des solutions de vision nocturne au profit de l’armée et fournit également des instruments de détection en lien avec le projet de Laser Mégajoule directement lié à la dissuasion nucléaire. Pas moins !
Pour sa part, l’Observatoire de l’intelligence économique français (OIEF) avait déjà accueilli favorablement l’activation de la procédure de contrôle des investissements étrangers en France (IEF) par le gouvernement en faveur de Photonis. "Compte tenu des relations étroites entretenues entre la société californienne et le département de la Défense des Etats-Unis, le rachat de la pépite française, dont la technologie et ses usages dépassent le cadre de ses applications militaires, constituerait une menace directe à la souveraineté militaire et technologique de notre pays", indiquait le 10 mars dernier l’organisme créé à l’initiative du syndicat français de l’intelligence économique
Thales et Safran très fortement incités à intervenir
La balle est plus que jamais dans le camp des industriels français. Le 4 mars dernier, Bruno Le Maire avait incité Thales et Safran à jouer les bons soldats afin de trouver une solution de reprise française ou européenne plutôt qu’un rachat par un acteur américain. "Il y a une deuxième solution et cette deuxième solution, je peux le dire avec beaucoup de clarté, elle a ma préférence : c'est de trouver un repreneur français. Un repreneur industriel français, pour moi, ce serait la logique de souveraineté, de protection de nos technologies", avait précisé Bruno Le Maire sur le plateau de BFM Business.



