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Avec le retour en vol de Vega C, l’Europe spatiale confirme son autonomie

Après son échec en décembre 2022, la petite fusée européenne Vega C a effectué son retour aux affaires en mettant en orbite le satellite Sentinel 1C d’observation de la Terre. Le tir consolide l’autonomie d’accès à l’espace de l’Europe après la réussite du premier vol d’Ariane 6 en juillet dernier.

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Vega C retour en vol 2
La fusée sous maîtrise d'oeuvre industrielle du fabricant italien Avio renforce la souveraineté spatiale européenne aux côtés d'Ariane 6.

Après l’échec de son premier tir commercial il y a deux ans, Vega C reprend du service. La fusée italienne a décollé le 5 décembre à 18h20 heure locale depuis le centre spatial guyanais. Sa mission, réussie : placer à une altitude d’environ 700 km, sur une orbite héliosynchrone, le satellite Sentinel 1C destiné à l’observation de la Terre. La mission au profit de la Commission européenne a duré 1 heure et 43 minutes.

L'enjeu était important pour l’Europe et pour Avio, le maître d’œuvre industriel italien du lanceur. L'Europe spatiale marche ainsi à nouveau pleinement sur ses deux jambes : d’un côté avec Ariane 6, pour mettre sur orbite les charges lourdes (jusqu’à 11,5 tonnes en orbite géostationnaire), et de l’autre avec Vega C, adapté à la mise en orbite de charges légères (jusqu’à 2,3 tonnes en orbite basse polaire). Avec deux lanceurs complémentaires, son autonomie d’accès à l’espace est assurée.

Parée contre la concurrence des minilanceurs

La mission dite VV25 était d’autant plus scrutée qu’il s’agissait du retour en opération de ce lanceur après l’échec de son premier vol commercial en décembre 2022. Dix minutes après son décollage, la fusée Vega C, qui transportait deux satellites d’Airbus Defense and Space, avait dévié de sa trajectoire. La raison : une défaillance survenue sur le moteur du deuxième étage, le Zefiro 40. Les ingénieurs d’Avio, aidés par ceux de l’ESA et du CNES, ont depuis rectifié le tir. En mai et en octobre dernier, au centre d’essai sarde de Salto di Quirra, des tests avec un nouveau design des tuyères du moteur ont été effectués avec succès.

Désormais en charge de sa commercialisation, Avio mise beaucoup sur la dernière version du lanceur Vega. Vega C (comme consolidée, ndlr) est en effet une version optimisée techniquement et commercialement de Vega. Pour le même prix, la version actuelle a une capacité d’emport accrue de 60% et peut livrer ses charges utiles sur trois orbites différentes, contre deux pour sa version antérieure.

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Quatre vols prévus en 2025

Avio est ainsi plus à même à affronter la concurrence de la nouvelle génération des minilanceurs européens (l’espagnol PLD Space, les français Maia Space et Latitude, les allemands RFA et Rocket Lab…) dont la plupart ont des projets pour accroitre leurs capacités.

Arianegroup est également concernée par ce tir. En effet, les boosters P120C d’Ariane 6 sont réalisés à partir du premier étage de la fusée Vega C. Cette synergie permet de les produire en série à plusieurs dizaines d’unités par an et de réduire les coûts des deux programmes.

Arianespace doit réaliser quatre tirs supplémentaires de Vega C en 2025 avant de transmettre le flambeau à Avio pour assurer la suite des opérations. L’industriel italien a déjà dans les cartons une nouvelle version plus puissante de son lanceur, à trois étages, Vega E (comme Evolution), dont le vol inaugural est prévu en 2026.

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