Avec fello'fly, Airbus convainc Frenchbee et SAS… de copier les oiseaux migrateurs

Airbus a signé des accords avec deux compagnies aériennes, Frenchbee et SAS, dans le cadre du projet fello’fly. Il consiste à s’inspirer du vol en V des oiseaux migrateurs pour réduire les émissions de CO2.

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fello Fly oiseaux migrateurs
En s'inspirant du vol des oiseaux migrateurs, Airbus assure que les avions pourraient réduire leur consomamtion de carburant entre 5 et 10%.

Le biomimétisme appliqué à l’industrie est en passe de trouver une nouvelle illustration concrète. Airbus a annoncé, mercredi 9 septembre, avoir signé des accords avec deux compagnies aériennes, la française Frenchbee et la suédoise SAS Airlines, pour démontrer la faisabilité opérationnelle du projet fello’fly. A savoir : la possibilité de faire voler un avion derrière un autre afin de réduire la consommation de carburant de l’appareil suiveur. Une mise en pratique directe, dans l’aéronautique, du vol en V des oiseaux migrateurs qui pourrait entrer en service vers 2025.

"L’avion suiveur qui récupère l'énergie perdue par un leader, en volant dans le courant d'air ascendant doux créé par le sillage, réduit la consommation de carburant de l'ordre de 5 à 10 % par voyage", détaille l’avionneur dans son communiqué de presse. Pour l’heure, Airbus imagine uniquement le vol rapproché entre deux avions, fait savoir un porte-parole du groupe. Quant à la distance optimale entre les deux appareils, qui prend en compte le gain d’énergie mais aussi les enjeux de sécurité, elle a été établie à environ 3 kilomètres.

La signature de ces accords marque un tournant pour fello’fly présenté fin 2019 au salon aéronautique de Dubaï. Si le groupe avait mené des tests dès 2016, avec un A350 placé derrière un A380, poursuivis en 2020, jamais encore de partenaires extérieurs ne s’étaient engagés officiellement au sein du projet. Alors qu’Airbus aura pour tâche de développer les solutions techniques pour aider les pilotes à maintenir les avions en position de sécurité, Frenchbee et SAS fourniront leur expertise en matière de planification et d’opérations de vol pour réunir les avions avant et pendant les tests.

Un nouveau levier d'action

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D’autres acteurs sont également de la partie, qui devraient permettre une mise en œuvre grandeur nature de fello’fly. Outre les deux compagnies aériennes, Airbus a signé des accords avec trois fournisseurs de services de navigation aérienne (ANSP) : la DSNA (Direction des Services de la Navigation Aérienne) en France, les NATS au Royaume-Uni et EUROCONTROL. C’est avec eux qu’Airbus pourra établir un concept d'exploitation (CONOPS) qui devra définir les futures réglementations opérationnelles pour des vols de ce type. Fello’fly constituera une approche inédite dans la gestion du trafic aérien.

Si l’initiative peut paraître anecdotique, on tient à en souligner l’importance au sein de l’avionneur. Alors que le secteur s’est fixé des objectifs en matière de réduction des émissions de CO2 – de 50% d’ici 2050 par rapport à 2005 – et que son empreinte environnementale fait l’objet d’une contestation sociétale grandissante, Airbus voit dans fello’fly un levier supplémentaire d’action. L’avionneur, qui a multiplié ces dernières années les initiatives en matière de services aux compagnies aériennes notamment avec Skywise, est en revanche peu disert sur l’aspect commercial de ce projet. Il pourrait à terme séduire les compagnies aériennes exsangues, dont le carburant est l'un des principaux poste de dépenses, désireuses de ne plus y perdre de plumes.

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