Avec 566 livraisons d’avions en 2020, Airbus limite la casse

Malgré l’ampleur de la crise liée à la pandémie mondiale, Airbus a livré 566 avions en 2020, en baisse de 34% par rapport à 2019. Les cadences de l’A320, actuellement de 40 appareils par mois, pourraient repartir à la hausse au second semestre.

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Flotte d'avions Airbus
En pleine crise, Airbus est parvenu à livrer 566 avions. La maison Airbus tangue mais ne s'effondre pas.

Face à la plus grave crise que le secteur aéronautique ait jamais connue, la maison Airbus tient bon. L’avionneur européen est parvenu à livrer en 2020 un total de 566 avions commerciaux, d’après un décompte officiel dévoilé vendredi 8 janvier. Soit une baisse de 34% par rapport à 2019, année record durant laquelle le groupe était parvenu à livrer 863 avions. Une baisse relativement contenue : en juin dernier, Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, avait annoncé une baisse de régime de 40%.

Le choc est néanmoins rude : il renvoie Airbus dix ans en arrière. L’avionneur européen avait en effet livré 534 avions civils en 2011, puis 588 en 2012. Ce niveau lui permet tout de même de conserver, pour la deuxième année de suite, le titre de premier avionneur mondial. Fin novembre, Boeing, qui n’a pas encore annoncé son bilan commercial pour l’année 2020, n’avait livré que 118 avions. L’avionneur américain a souffert, en plus de la crise du transport aérien, de l’immobilisation au sol de son 737 MAX qui recommence timidement à reprendre du service.

Un carnet de commandes qui résiste

Sans surprise, c’est la famille des A320 qui permet à Airbus de sortir de la crise vers le haut, avec à elle seule 446 livraisons (dont 431 neo). Suivent l’A350 (59 appareils), l’A220 (38 appareils), l’A330 (19 appareils) et les derniers représentants de l’A380 (4 appareils). Un résultat à mettre sur le compte de la résilience industrielle du groupe qui a livré 14 avions en avril au cœur de la crise mais 89 en décembre. Mais également grâce à une innovation déployée à grande échelle dès le mois d’avril : les livraisons électroniques d’avions, que L'Usine Nouvelle avait décrit en détail au printemps. Elle permettent de limiter au maximum les déplacements physiques des équipes via des échanges digitalisés accrus des documents juridiques et techniques. Elles ont concerné plus de 25% des livraisons en 2020.

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Autre motif de satisfaction pour Airbus : il a engrangé en pleine tempête un total de 383 nouvelles commandes d'avions (hors annulations et modifications de commandes), dont 268 commandes nettes. Un résultat très en deçà des 768 commandes nettes passées en 2019. Mais qui permet à l’avionneur de maintenir son carnet de commandes au-delà de la barre symbolique des 7000 avions, franchie en 2017, avec un total de 7 184 appareils restant à assembler. Sur le plan des commandes, Airbus n’a pas non plus eu de mal à dépasser son adversaire : Boeing accusait au 30 novembre un solde négatif de 1048 commandes.

Vers une remontée des cadences de l’A320

Pour le moment, l’avionneur n’assiste donc pas à un effondrement de la demande de la part des compagnies aériennes. Pour mémoire, le carnet de commandes avait atteint un plus haut historique en 2018 avec 7577 appareils. L’érosion reste faible. La famille A320, qui représente à elle-seule 296 commandes brutes (dont 37 A321 XLR), constitue sans aucun doute la meilleure arme du groupe pour lutter contre la crise alors que les long-courriers devraient durablement souffrir de la crise qui touche le transport aérien.

Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, a d’ailleurs en partie confirmé le calendrier industriel de l’A320. A savoir : la stabilisation au premier semestre 2021 des cadences de production actuelles du monocouloir – de 40 appareils par mois – puis une remontée des cadences pour le deuxième semestre si les conditions le permettent à ce moment-là, sans en préciser le niveau. Ce qui permettrait à toute la chaîne de fournisseurs de retrouver un peu d’air. Quant au niveau de production de 2019, il ne devrait être atteint qu’entre 2023 et 2025.

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