Avec la hausse de cadence de son A320 en ligne de mire, Airbus mets les gaz. L’avionneur européen a annoncé jeudi 9 janvier qu’il allait augmenter les cadences de production de son monocouloir au sein de son site d’assemblage final (FAL) américain, basé à Mobile (Alabama) : elles passeront de 5 avions par mois aujourd’hui à 7 d’ici le début de l’année prochaine. Une accélération qui devrait permettre à Airbus de se rapprocher encore un peu plus de son objectif de produire 63 appareils de la famille A320 par mois en 2021, contre une cadence de 60 en 2019.
Cette hausse de cadence, ainsi que les recrutements nécessaires pour la production de l’A220 (l’ex CSeries de Bombardier), vont nécessiter l’embauche de plus de 275 personnes, précise Airbus dans un communiqué. Et l’industriel de préciser qu’avec un nouveau bâtiment dédié aux services supports d’une valeur de 40 millions de dollars, l’investissement global du groupe à Mobile dépasse désormais le milliard de dollars. Un montant qu’Airbus ne se prive pas de rappeler en pleine guerre commerciale avec Boeing et sur fond de taxes américaines sur les produits importés… Tout comme les 4000 personnes qu’il y emploie.
Une nouvelle ligne d'assemblage en vue
Cette hausse de cadence succède à celle décidée début 2018 au niveau de sa deuxième FAL située hors des frontières européennes, à Tianjin (Chine) : les cadences sont passées de 5 appareils par mois à 6 depuis la fin 2019. Airbus cherche également à accélérer le rythme, au niveau de ses quatre lignes allemandes (à Hambourg) et de ses deux lignes toulousaines, notamment via une utilisation accrue des technologies numériques. La nouvelle ligne ultra robotisée de pré assemblage de structures de fuselage, également à Hambourg, sert de véritable laboratoire qui devrait faciliter la diffusion de technologies derniers cris dans les autres FAL.
Mais pour atteindre son objectif, et aller au-delà, Airbus va devoir investir dans une nouvelle ligne d’assemblage, spécifiquement dédiée à l’A321 en raison de son succès commercial. Les lignes de Hambourg font face aujourd’hui à un goulet d’étranglement sur cet appareil. L’arrêt programmé de la production de l’A380 plaide pour une installation de cette ligne à Toulouse, au sein de l’usine Jean-Luc Lagardère. Mais entre la subtile répartition industrielle franco-allemande et la nécessité de définir avec les syndicats des accords de productivité, la décision n’a pas encore été tranchée. Elle devrait l’être selon nos informations dans le courant du premier trimestre 2020.



