Ametra, ce fournisseur du Rafale qui entame avec Styrel une série d’acquisitions

Le sous-traitant aéronautique Ametra vient de faire l’acquisition de Styrel, société d’ingénierie et de services en informatique industrielle. L’opération marque le coup d’envoi d’une stratégie de croissance externe.

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Ametra
Avec l'acquisition de Styrel, Ametra commence une série d'acquisitions. Déjà diversifié et internationalisé, ce sous-traitant aéronautique ouvre un nouveau chapitre de son histoire.

Après la diversification et l’internationalisation, place à la consolidation pour Ametra. Le sous-traitant aéronautique annonce, lundi 11 octobre, l’acquisition de la PME technologique française Styrel. Une opération de taille pour ce spécialiste de l’ingénierie et de l’intégration de systèmes électriques et électroniques, qui affiche un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros : sa cible pèse 6 millions d’euros de chiffre d’affaires et compte quatre implantations en France (Paris, Lyon, Rennes et Bordeaux). De quoi propulser Ametra vers de nouveaux horizons.

«L’entreprise Styrel nous a été présentée par Safran il y a six ans, car nos activités sont très complémentaires, relate Anne-Charlotte Fredenucci, présidente du groupe Ametra. C’est une société de service spécialisée dans l’informatique industrielle et embarquée.» Autrement dit, lorsqu’Ametra conçoit un banc de test au niveau mécanique et électrique, Styrel s’occupe de la partie électronique et logiciel. Dans le détail, cette société apportera à l’entité Ametra Engineering des compétences liées à l’informatique applicative destinée à l’industrie, à l’informatique embarquée temps-réel et aux métiers de la R&D. Styrel est aussi spécialisée dans l’intégration physique de bancs de tests ou de PC durcis.

Un redressement spectaculaire

Alors que les deux industriels collaboraient depuis cinq ans, le rapprochement est donc cette fois-ci entériné : l’intégration complète de cette PME de 70 personnes devrait avoir lieu d’ici 6 à 12 mois. «J’ai conscience que certaines acquisitions sont parfois vécues comme un véritable traumatisme mais, à l’opposé, chez Ametra, je tiens à ce que chaque collaborateur de Styrel se sente accueilli et intégré et je suis convaincue que cette opération sera porteuse de nouvelles opportunités de carrière», prévient Anne-Charlotte Fredenucci, qui précise au passage que l’entreprise n’a pas eu à lancer, contrairement à beaucoup d’autres, de plan social pour traverser la crise.

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L’opération vient couronner le spectaculaire redressement d’un sous-traitant clé de la filière aéronautique, fournisseur entres autres du Rafale de Dassault, assurée par sa dirigeante emblématique. Alors que l’avenir ce qui s’appelait encore le groupe Deroure – fondé par son père en 1978 – paraissait menacé en 2009, Anne-Charlotte Fredenucci a donné un nouveau visage à l’entreprise, implantée à Longué-Jumelles (Maine-et-Loire) et employant aujourd’hui quelque 700 salariés.

La dirigeante d’Ametra a impulsé à l'époque une profonde remise à plat de l’organisation de la société, une refonte de la stratégie commerciale ainsi qu'un plan d'économie et le déploiement d'outils numériques, lui permettant de revenir peu à peu sur le chemin de la croissance. En dix ans, son chiffre d’affaires a plus que doublé, reflétant le retour des prises de commande à l’instar du contrat signé en 2016 avec Thales pour un équipement à bord du Rafale. La dirigeante est aussi derrière l’internationalisation du groupe : Ametra s’est implanté en Inde en 2019 dans le sillage des offsets liés au contrat Rafale, via la création d’une société commune avec l’acteur local Nucon Aerospace.

Les acquisitions ne font que commencer

L’opération réalisée avec Styrel va également conforter la stratégie de diversification entamée très tôt par la dirigeante, consciente de devoir à tout prix éviter la dépendance à un segment. Alors que la défense et le nucléaire pèsent à eux deux un peu plus de la moitié du chiffre d’affaires d’Ametra, l’entreprise est aussi présente dans le ferroviaire, le médical et lorgne de plus le secteur naval. «Avec ce nouveau rapprochement, nous pourrons valoriser le savoir-faire de Styrel dans les autres secteurs que nous couvrons, appuie Anne-Charlotte Fredenucci. Il s’agit bien de réaliser des synergies d’affaires, pas des synergies de coûts.»

Grâce à cette diversification et à sa faible présence dans l’aéronautique commerciale, Ametra a d’ailleurs traversé la crise provoquée par la pandémie mondiale sans trop d’encombres. A savoir : une baisse du chiffre d’affaires de 12% en 2020, contre une chute d’activité située en 30 et 40% pour nombre de sous-traitants. D’où la vigueur dont témoigne aujourd’hui l’entreprise. Et ce n’est pas fini. «Pour la suite, nous restons ouverts à d’autres opportunités, commente Anne-Charlotte Fredenucci. Styrel est sans aucun doute la première d’une série d’acquisitions.» Le sous-traitant Ametra n’a pas fini de faire parler de lui.

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